Le président Javier Milei a accentué la rupture avec sa vice-présidente Victoria Villarruel en la qualifiant d’« insignifiante » et d’« opposante » après ses déclarations sur les Malouines et ses liens avec le péronisme. Le chef de cabinet a suggéré qu’elle devrait se retirer si elle ne partage pas la direction du gouvernement.

Une crise politique qui dépasse les simples querelles internes

Publié le 3 août 2026 | Sources : Clarín, La Voz, Cadena 3


Javier Milei, président libertarien élu en 2023, a de nouveau attaqué ce lundi sa vice-présidente, Victoria Villarruel, approfondissant une rupture qui n’est plus confinée aux coulisses du pouvoir. Lors d’un entretien sur radio Mitre, le chef de l’État a qualifié Villarruel de figure « insignifiante » et a affirmé que ses propos « reprennent les arguments des kirchnéristes » (courant péroniste de gauche).

Le président a accusé la présidente du Sénat d’avoir un agenda personnel qui s’éloigne de la ligne officielle, citant notamment ses récentes rencontres avec des gouverneurs du Parti justicialiste (PJ, péroniste), comme Gildo Insfrán (Formosa) et Ricardo Quintela (La Rioja), ainsi qu’une photo avec l’ex-présidente Isabel Martínez de Perón à Madrid.

L’étincelle des Malouines et l’affrontement personnel

Les tensions ont grimpé après les publications de Villarruel liées à la demi-finale de la Coupe du monde de football 2026 entre l’Argentine et l’Angleterre. La vice-présidente avait qualifié les Britanniques de « pirates usurpateurs » et d’« envahisseurs » sur ses réseaux sociaux, ce qui, selon Milei, a provoqué des échanges diplomatiques officiels entre Londres et Buenos Aires. Rappelons que les îles Malouines (Falkland) sont un territoire britannique d’outre-mer revendiqué par l’Argentine, source d’une guerre en 1982.

Le conflit a aussi touché le plan personnel après que Villarruel a publiquement mis en doute la santé mentale du président, évoquant des « persécutions imaginaires ». Milei a répondu qu’il « adore » être traité de fou par les défenseurs du statu quo et a souligné : « Qu’on me traite de fou parce que je veux changer une Argentine décadente, je le prends comme un compliment. »

Le miroir de l’histoire argentine

Des analystes, comme Alberto Lotuf sur Cadena 3, comparent cette situation à des précédents historiques de la politique argentine. On cite les cas de Julio Cobos (vice-président de Cristina Kirchner) et son vote « non positif » contre la résolution 125 en 2008, la démission de Carlos « Chacho » Álvarez en 2000, ou le départ d’Eduardo Duhalde de la vice-présidence de Menem. La particularité du cas Milei-Villarruel est que le parti La Libertad Avanza est encore en construction, ce qui rend une fracture au sommet potentiellement lourde de conséquences institutionnelles.

Autres points de l’agenda de Milei

  • Candidat à la vice-présidence pour 2027 : Milei a admis avoir déjà choisi son colistier pour la prochaine élection présidentielle, mais que sa révélation « dépend des accords politiques » et qu’il ne dévoilera pas le nom pour l’instant.
  • Cour suprême : Le président a confirmé qu’il prendra son temps pour désigner les candidats à la Cour suprême, évaluant « plus de cinq noms » pour pourvoir les postes vacants laissés par Maqueda et Highton de Nolasco.
  • Réorganisation de Comodoro Py : Le gouvernement pousse des mesures pour reconfigurer le tribunal fédéral chargé des affaires de corruption et de narcotrafic, avec la mise en place d’un système procédural accusatoire au premier trimestre 2027.

Pendant ce temps, l’exécutif poursuit son programme, notamment la surveillance de la grève des enseignants de la CTERA et la coordination de la sécurité régionale dirigée par Karina Milei (sœur du président) dans le Chaco face au phénomène El Niño.