Source : The Guardian
Un pas vers la transparence dans l'utilisation des fonds caritatifs
La Charity Commission (le régulateur des associations caritatives en Angleterre et au Pays de Galles) a lancé une enquête officielle pour déterminer combien d'argent d'organisations caritatives britanniques a été destiné à des colonies israéliennes en Palestine, considérées comme illégales selon le droit international. Cette action marque une avancée cruciale pour garantir la transparence et la confiance du public dans les dons.
L'ampleur de l'enquête
Selon The Guardian, l'enquête a été ouverte le 5 août 2026 en réponse directe à une plainte formelle déposée en juin par la députée travailliste Melanie Ward. La parlementaire a signalé que 32 organisations caritatives auraient donné au moins 28 millions de livres sterling (GBP) à ces colonies.
Stephen Roake, directeur adjoint de la conformité à haut risque de la commission, a expliqué que la première phase se concentrera sur 8 organisations non nommées, mais le régulateur prévoit d'élargir le champ d'investigation avec le temps. L'objectif est d'établir les faits et de déterminer si une action réglementaire est nécessaire, garantissant que les fonds soient utilisés strictement à des fins caritatives légitimes.
Qu'est-ce qu'une colonie illégale ?
Dans le contexte du conflit israélo-palestinien, les colonies sont des communautés construites par Israël dans les territoires capturés lors de la guerre des Six Jours de 1967 (comme la Cisjordanie). La communauté internationale et plusieurs résolutions de l'ONU considèrent que ces colonies violent la Quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de transférer sa population civile dans le territoire occupé.
Antécédents et rapports clés
L'enquête fait suite à des révélations journalistiques. L'année dernière, on a appris que deux associations caritatives britanniques avaient transféré environ 5,7 millions de livres sterling à l'école secondaire Bnei Akiva Yeshiva à Susya, en territoire occupé.
Plus récemment, le mois dernier, il a été révélé que l'organisation Friends of Yeshivat Shavei Hevron avait envoyé près de 200 000 livres sterling entre 2019 et 2024 à une école religieuse à Hébron, liée à des plans d'expansion des colonies après la décision du ministre des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich, d'accorder à Israël l'autorité de planification dans la zone.
Réaction politique et le rôle du « Gift Aid »
En juin 2026, la chancelière (secrétaire aux Affaires étrangères) de l'époque, Yvette Cooper, a demandé au régulateur d'enquêter sur cette affaire, craignant que le système de Gift Aid ne soit abusé.
Qu'est-ce que le Gift Aid ?
Le Gift Aid est un dispositif fiscal britannique qui permet aux associations caritatives de réclamer un supplément de 25 % sur les dons des contribuables. La crainte est que cet allègement fiscal ne soit canalisé vers des activités non autorisées par le droit international.
La députée Ward, avec 140 collègues travaillistes, a exprimé le souhait d'une interdiction totale plutôt que d'une simple enquête. De son côté, la députée travailliste Abtisam Mohamed, membre du comité des affaires étrangères, a salué l'enquête mais a souligné la nécessité d'agir rapidement pour éradiquer des pratiques qui, selon elle, n'ont rien à voir avec l'activité caritative.
La commission a partagé des informations sur l'enquête avec la police et l'autorité fiscale (HMRC), démontrant un engagement interinstitutionnel pour sauvegarder l'intégrité des systèmes caritatifs. Ce processus représente une lueur d'espoir pour renforcer les réglementations et garantir que la générosité du public soit destinée à des causes véritablement justes et transparentes.