À l'hôpital régional de Concepción, dans la province de Tucumán, en Argentine, une jeune mère de 23 ans et sa famille ont vécu une profonde inquiétude : après trois échographies annonçant une fille, on leur a remis un garçon vêtu de rose et portant des boucles d'oreilles. Après des analyses ADN ordonnées par la justice sur cinq nouveau-nés, la vérité est rassurante : aucun échange n'a eu lieu.

Un accouchement d'urgence et une annonce qui ne correspondait pas

Le vendredi 14 août 2026, une femme de 23 ans est arrivée en urgence à l'hôpital régional de Concepción « Miguel Belascuain », dans la ville argentine de Concepción (province de Tucumán), présentant un tableau de bradycardie fœtale : le cœur du bébé battait à 65 pulsations par minute, alors que la normale se situe entre 120 et 160, comme l'a expliqué le ministre de la Santé de Tucumán, Luis Medina Ruiz.

Face au danger, les médecins ont décidé de pratiquer une césarienne d'urgence entre 11 h et 11 h 30. L'enfant est né « entouré de liquide contenant du méconium » (les premières selles du nouveau-né, souvent signe de détresse fœtale) et, vu son état critique, il a été immédiatement transféré dans le service de néonatologie pour recevoir des soins. Vers 13 h, le bébé a été remis à ses parents, déjà vêtu des vêtements roses que la famille avait apportés pour une fille, et avec des boucles d'oreilles qui, selon le récit, lui avaient été posées par la pédiatre.

La surprise est survenue au moment de lui changer sa première couche : le nouveau-né était un garçon. La famille, qui avait déjà choisi le prénom Emma pour la petite, a signalé les faits à la police et au parquet de garde.

Les tests ADN : tous les bébés correspondent à leur mère

La unité fiscale spécialisée (usurpation, escroquerie et cybercriminalité) du Centre judiciaire de Concepción, sous la direction du procureur Gerardo Salas et du procureur adjoint Juan José Ibáñez, a ordonné des analyses ADN sur les cinq bébés nés dans l'hôpital dans le même créneau horaire.

Les examens ont été effectués par le Laboratoire de génétique médico-légale du Centre scientifique Dr. René G. Favaloro, dépendant du Ministère Public Fiscal, avec une chaîne de traçabilité strictement contrôlée par la police. Les mères des quatre autres bébés ont accepté volontairement de participer.

Le résultat est sans ambiguïté : « Tous les profils des bébés analysés correspondent à ceux de leurs mamans respectives », ont annoncé les autorités. Le garçon remis à la famille qui avait porté plainte est donc l'enfant biologique du couple.

« Tous les profils des bébés analysés correspondent à ceux de leurs mamans respectives » – Unité fiscale du Centre judiciaire de Concepción

Une erreur dans le protocole : trois échographies, une urgence

Le ministre de la Santé, Luis Medina Ruiz, a expliqué lors d'une conférence de presse que, lors des contrôles prénataux, la famille avait reçu à trois reprises l'information d'une fille. Cependant, à la naissance, l'hôpital n'a pas vérifié le sexe du nouveau-né en raison de l'urgence.

« Avec tous les antécédents dont nous parlons, l'échographie, les vêtements et les attentes de la mère, ce fut un moment critique », a déclaré le ministre. « Dans le protocole chirurgical, il est mentionné que c'est un garçon, mais ce sont différentes personnes qui sont intervenues. »

La chirurgienne qui a réalisé la césarienne a indiqué qu'elle a sorti le nouveau-né et l'a remis directement à l'infirmière de néonatologie, sans vérifier le sexe sur-le-champ. Le personnel d'identification a déclaré avoir remarqué que c'était un garçon, mais les parents affirment qu'ils n'ont été informés qu'au premier changement de couche.

Quatre employés écartés et enquête administrative

Le Ministère de la Santé de Tucumán a indiqué dans un communiqué avoir écarté provisoirement quatre agents sanitaires de l'hôpital ayant participé aux soins médicaux, infirmiers ou au processus d'identification du binôme mère-enfant. Aucun médecin n'a été déplacé, précise le ministère.

Une enquête administrative a été ouverte pour « déterminer les responsabilités du personnel intervenant », avec un calendrier de convocations pour les déclarations, dans le but de « garantir l'efficacité de la preuve ».

Le gouverneur de Tucumán, Osvaldo Jaldo, s'est dit « s'engager à mener une enquête jusqu'à la vérité ». Il a demandé au ministre de se rendre à Concepción et à « enquêter jusqu'au fond des choses ».

« Nous allons enquêter sur tout ce qui est nécessaire pour aller au fond des choses. Il peut s'agir d'une erreur involontaire, mais avec la technologie actuelle, la marge d'erreur se réduit considérablement. » – Osvaldo Jaldo

L'angoisse de la famille et le besoin de réponses

Le grand-père de la jeune mère, Mario Rolando Paz, a exprimé leur détresse auprès de la presse locale : « Je veux que ma fille puisse marcher tranquille, sans être jugée, parce qu'elle n'a rien fait de mal. » Son épouse, María, a déclaré : « Je ne prie que pour que ce bébé soit le nôtre. »

Le résultat de l'ADN a finalement apporté la tranquillité tant attendue : le bébé est bien leur fils biologique. L'enquête continue pour comprendre comment l'erreur d'identification de sexe a pu se produire, un événement qui a bouleversé la communauté de Concepción.