Un verdict sans appel : la Cour suprême confirme la peine de Sergio Urribarri
Le jeudi 3 septembre 2026, la Cour suprême de justice de la Nation argentine a rejeté les recours extraordinaires présentés par la défense de Sergio Daniel Urribarri, ancien gouverneur de la province d'Entre Ríos, scellant ainsi sa condamnation à 8 ans de prison ferme et à une inhabilitations à vie à occuper des fonctions publiques. La décision, signée par les juges Horacio Rosatti, Carlos Rosenkrantz et Ricardo Lorenzetti, s'appuie sur l'article 280 du Code de procédure civile et commerciale de la Nation, qui déclare les recours irrecevables faute de griefs fédéraux.
Ce jugement marque l'aboutissement d'un long processus judiciaire entamé en 2022. La justice d'Entre Ríos doit désormais ordonner l'arrestation immédiate d'Urribarri et le début de l'exécution de sa peine. Le parquet a déjà requis sa détention, et son transfert vers une unité pénitentiaire est attendu dans les prochaines heures.
Les faits : des contrats truqués et un détournement de fonds publics
Urribarri a été reconnu coupable de négociations incompatibles avec la fonction publique et de détournement de fonds publics (peculado), dans le cadre d'une affaire portant sur le détournement de fonds publics via le ciblage de la publicité officielle durant son mandat, entre 2010 et 2015. Selon l'enquête, 143 opérations ont causé un préjudice économique à l'État provincial de 12 170 338,96 pesos argentins (environ 12 millions de pesos).
Le système consistait à embaucher des entreprises sans activité réelle, liées à son beau-frère Juan Pablo Aguilera, et à utiliser des prête-noms pour masquer la destination finale des fonds. Parmi les faits spécifiques examinés figurent les dépenses du Sommet du Mercosur à Paraná (2014), les contrats avec les sociétés Global Means, Tep SRL et Next SRL, la publicité « Sueño Entrerriano » et le parador de Mar del Plata (2015).
D'autres condamnations confirmées
La Cour suprême a également confirmé les peines d'autres fonctionnaires et particuliers impliqués dans l'affaire :
| Nom | Fonction / Lien | Peine |
|---|---|---|
| Pedro Ángel Báez | Ancien ministre de la Culture et de la Communication | 6 ans et 6 mois de prison |
| Juan Pablo Aguilera | Beau-frère d'Urribarri | 6 ans et 6 mois de prison |
| Corina Elizabeth Cargnel | — | 3 ans de prison avec sursis |
| Gustavo Roberto Tamay | — | 3 ans de prison avec sursis |
| Gerardo Daniel Caruso | — | 3 ans de prison avec sursis |
| Luciana María Belén Almada | — | 2 ans et 6 mois de prison avec sursis |
| Emiliano Osvaldo Giacopuzzi | — | 2 ans et 6 mois de prison avec sursis |
En revanche, Hugo Marsó, ancien ministre du Tourisme de la province, a été acquitté dans le cadre de la même affaire.
Un parcours judiciaire long et complexe
L'affaire a connu un long historique. La condamnation initiale a été prononcée le 7 avril 2022 par le Tribunal des procès et des appels de Paraná. En 2023, la Chambre de cassation a confirmé le jugement. Le 22 octobre 2024, la Cour supérieure de justice d'Entre Ríos a rejeté les arguments de la défense. Enfin, la Cour suprême de la Nation a mis un point final au processus en rejetant les recours extraordinaires.
Pendant la procédure, Urribarri a été détenu en novembre 2024 pendant 50 jours, mais a recouvré la liberté en janvier 2025 après une décision de la Chambre de cassation. Désormais, avec le jugement définitif, il devra retourner en prison pour purger l'intégralité de sa peine.
Contexte et définitions
Le détournement de fonds publics (peculado) est un délit commis par un fonctionnaire qui s'approprie des biens de l'État ou les utilise à des fins personnelles. Dans ce cas, Urribarri a été reconnu coupable d'avoir détourné des fonds destinés à la publicité officielle vers des entreprises de son entourage. Les négociations incompatibles avec la fonction publique désignent la participation d'un fonctionnaire à des contrats ou opérations dans lesquels il a un intérêt personnel, en violation de la loi.
La publicité officielle est l'argent que l'État investit dans les médias pour diffuser ses actions gouvernementales. Son usage abusif est l'une des formes les plus courantes de corruption en Argentine, et cette affaire est devenue un précédent important dans la lutte contre la corruption politique.
Prochaines étapes
Avec la décision de la Cour suprême, la justice d'Entre Ríos doit ordonner l'arrestation d'Urribarri et l'exécution de sa peine. Le parquet a déjà demandé sa détention immédiate, et son transfert vers une unité pénitentiaire est attendu dans les prochaines heures. La nouvelle a été saluée par des organisations de la société civile et des secteurs politiques qui ont suivi l'affaire de près.
Ce jugement réaffirme l'engagement du système judiciaire argentin en faveur de la transparence et de la reddition de comptes, et envoie un message clair : aucun fonctionnaire n'est au-dessus de la loi.