La Commission Européenne a dévoilé une réforme ambitieuse des règles de marchés publics pour privilégier la production locale et la qualité plutôt que le prix le plus bas. Cette initiative stratégique vise à contrer la concurrence des entreprises chinoises subventionnées dans des secteurs clés, transformant potentiellement un marché colossal de 2,6 billions d'euros par an.

L'Europe franchit une étape décisive vers son autonomie stratégique.

Le 9 septembre 2026, la Commission Européenne a présenté un ensemble de propositions visant à réformer en profondeur les règles de passation des marchés publics au sein de l'Union Européenne, sous l'appellation « Buy European » (Acheter Européen). L'objectif est clair : inciter les organismes publics — tels que les écoles et les hôpitaux — à privilégier les biens et services produits sur le sol européen pour protéger l'industrie locale face à l'ascension économique de la Chine.

Qualité et Durabilité : La nouvelle priorité

L'une des ruptures majeures de ce plan est l'abandon de la sélection systématique de l'offre la moins chère. Désormais, la qualité, la durabilité environnementale et la sécurisation des chaînes d'approvisionnement locales deviendront les critères prédominants.

Critères de pondération obligatoires :
  • ✅ Minimum 30% de pondération accordée à la qualité pour l'attribution des contrats.
  • ✅ Minimum 50% de pondération pour les contrats à forte intensité de main-d'œuvre, afin de garantir des emplois dignes et stables.

Cette approche vise à neutraliser l'avantage concurrentiel des entreprises chinoises qui, grâce aux subventions massives de leur État, peuvent proposer des prix artificiellement bas dans les secteurs des transports et des infrastructures.

Le Contexte Économique

Pour comprendre l'ampleur de cette mesure, il faut regarder les chiffres. Les marchés publics représentent environ 15% du PIB de l'UE.

IndicateurValeur
Volume Annuel2,6 billions d'€
ObjectifAutonomie Stratégique

L'UE souhaite fusionner trois lois existantes en une seule pour simplifier et accélérer les processus administratifs.

Restrictions et Géopolitique

Le plan permet aux États membres de restreindre ou rejeter les offres provenant de pays n'ayant pas d'accords de passation de marchés publics avec l'UE ou ne respectant pas les règles internationales contraignantes. Cela cible directement la Chine, qui n'est pas membre de l'Accord sur les Marchés Publics (AMP) de l'OMC.

Bruxelles a déjà évoqué des exemples concrets pour justifier cette rigueur, notamment le blocage d'une entreprise chinoise de matériel ferroviaire pour le métro de Lisbonne et l'enquête sur la société de sécurité Nuctech pour des soupçons d'avantages fiscaux indus.

Note importante : Le Royaume-Uni ne serait pas impacté par ces mesures grâce aux accords d'accès réciproques au marché déjà en place.

Pour devenir loi, ce projet doit encore être approuvé par le Parlement Européen et les ministres de l'UE. C'est un signal fort envoyé au monde : l'Europe souhaite reprendre le contrôle de son destin industriel avec optimisme et détermination.


Source : The Guardian

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