31/07/2026 15:37 - Economia
La marque qui a marqué les carrefours de Buenos Aires au début des années 2000 fait face à une restructuration financière pour poursuivre son aventure.
Au début des années 2000, les avenues de Buenos Aires avaient une icône inoubliable : des personnes déguisées en empanadas géantes dansant aux feux rouges pour promouvoir Solo Empanadas. Cette campagne de marketing de rue innovante a transformé la marque en un phénomène low cost mémorable. Aujourd'hui, plus de deux décennies après ce boom, l'entreprise derrière la chaîne historique, Divaflo SRL, est engagée dans une procédure de concours préventif (équivalent argentin d'une procédure de sauvegarde) pour restructurer ses finances et éviter la faillite, cherchant une nouvelle opportunité sur le marché.
Selon des sources judiciaires et des médias spécialisés, Divaflo SRL a présenté sa demande de concours préventif devant le Juzgado de Primera Instancia en lo Civil y Comercial N° 11 du Département judiciaire de General San Martín, sous la direction du juge Marcelo Escola. L'entreprise a déclaré un passif total de 5,334 milliards ARS contre un actif courant de 2,382 milliards ARS, créant un déséquilibre patrimonial de 2,952 milliards ARS.
L'entreprise, qui gère également les marques Morita, Kiosco de Empanadas et Fábrica de Pizzas, situe l'origine de ses difficultés financières dans une décision stratégique : le déménagement de son usine en 2023. Pour accompagner la croissance de son réseau de plus de 160 franchises, la firme a déplacé sa production vers un établissement plus grand dans le partido de San Martín. Ce chantier a nécessité un investissement bien supérieur aux prévisions, financé en partie par des crédits bancaires.
La situation s'est aggravée lorsque le contexte macroéconomique a radicalement changé. L'inauguration de la nouvelle usine en 2024 a coïncidé avec une forte contraction de la consommation, une hausse des taux d'intérêt et un renchérissement des services. Selon l'entreprise, le crédit a cessé de financer la croissance pour couvrir les dépenses courantes, creusant le déséquilibre financier. La firme est passée d'un bénéfice de 272 millions ARS en 2024 à une perte de 3,961 milliards ARS en 2025.
L'un des éléments les plus frappants du dossier est le nombre de 231 chèques rejetés pour défaut de provision, totalisant 1,032 milliard ARS. De plus, la société accumule des dettes bancaires de 3,845 milliards ARS auprès de plusieurs établissements :
| Établissement | Dette (millions ARS) |
|---|---|
| Banco Galicia | 825 |
| Banco Macro | 814 |
| Banco Santander | 639 |
| Banco Nación | 582 |
| Banco Supervielle | 540 |
| Banco Provincia | 388 |
*Données issues du dossier judiciaire selon des publications de juillet 2026.
L'histoire de Solo Empanadas est celle de la résilience. Née en 1999 sous la direction d'Alejandro Correa Mesones, Pablo Fuentes et José Mario Remón, la marque avait déjà traversé un premier concours préventif en 2009, suivi de la faillite de sa société franchisée en 2010. Cependant, en 2021, grâce à Divaflo SRL, la marque a renaît avec un plan de relance et s'est à nouveau développée, atteignant une présence dans la ville de Buenos Aires, le Grand Buenos Aires, Santa Fe, Rosario et Mar del Plata.
Malgré les chiffres rouges, l'entreprise croit en son modèle de production centralisée et en son réseau de franchises. La justice a fixé au 14 septembre 2026 la date limite pour la vérification des créances, et a accordé à la société une période d'exclusivité jusqu'au 1er juillet 2027 pour négocier un accord avec ses créanciers. Avec un plan bien structuré, la marque gastronomique historique espère surmonter cette passe difficile et continuer à faire partie du paysage argentin.
Alfredo S. Quiroga