Le ministre argentin de la Dérégulation, Federico Sturzenegger, a salué jeudi l'approbation par les députés d'une réforme de la charte organique de la banque centrale (BCRA). Ce texte, qui interdit au pouvoir exécutif de révoquer les dirigeants de l'institution, est présenté comme un pas décisif pour la stabilité économique du pays.

Le ministre argentin de la Dérégulation et de la Transformation de l'État, Federico Sturzenegger, a exprimé jeudi matin son enthousiasme après le vote de la Chambre des députés, qui a approuvé la réforme de la charte organique de la Banque centrale de la République argentine (BCRA).

Sur son compte officiel X (anciennement Twitter), le fonctionnaire a écrit : « Une immense joie après la session d'hier à la Chambre des députés. La réforme de la charte organique de la Banque centrale est un saut institutionnel d'une énorme portée ». Il a ajouté : « L'impossibilité pour l'exécutif de révoquer ses autorités est essentielle, car elle rend l'institution plus indépendante du pouvoir politique ».

Que change cette réforme ?

Le texte, qui doit maintenant être examiné par le Sénat, introduit des modifications substantielles dans le fonctionnement de la BCRA. Le point le plus marquant est l'interdiction faite au pouvoir exécutif de révoquer le président et les directeurs de l'institution sans une procédure spéciale, afin de protéger l'autonomie de la banque centrale face aux aléas politiques.

Cette mesure s'inscrit dans un contexte mondial où l'indépendance des banques centrales est considérée comme une garantie de stabilité monétaire et financière. En Argentine, la réforme intervient à un moment de transition économique, le gouvernement de Javier Milei cherchant à consolider la dérégulation et la stabilisation des variables macroéconomiques.

Contexte et antécédents

La charte organique de la BCRA, promulguée à l'origine en 1992, a déjà été modifiée en 2002 et 2012. La version actuelle, datant de 2019, prévoit que le directoire de la banque est composé d'un président, d'un vice-président et de huit directeurs, nommés par le pouvoir exécutif avec l'accord du Sénat. La nouvelle réforme vise à renforcer l'inamovibilité de ces autorités, sauf en cas de mauvaise gestion ou de commission de délits, qui devront être évalués par des instances judiciaires ou législatives.

Selon des spécialistes, cette modification pourrait avoir un impact positif sur la crédibilité internationale du pays, en s'alignant sur les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) et d'autres organismes multilatéraux qui exigent généralement une plus grande autonomie pour les entités monétaires.

Réactions et prochaines étapes

La nouvelle a suscité diverses réactions dans le paysage politique argentin. Tandis que le camp officiel célèbre cette avancée comme un pas vers la « modernisation de l'État », certains secteurs de l'opposition mettent en garde contre d'éventuels risques de concentration de pouvoir au sein de l'entité monétaire. Sturzenegger, qui a présidé la BCRA entre 2015 et 2018, insiste sur le fait que la mesure « renforce l'institutionnalité » et « protège la valeur de la monnaie ».

Le projet doit maintenant obtenir un avis favorable de la chambre haute, où le camp gouvernemental cherchera les votes nécessaires à son adoption définitive. S'il devient loi, l'Argentine franchirait un pas significatif vers la consolidation d'une banque centrale plus indépendante, un thème central dans le débat économique des dernières années.

Source : Publication sur le réseau social X de Federico Sturzenegger, 27 août 2026.