Les autorités pakistanaises ont pris une mesure historique en suspendant l'intégralité des 78 effectifs du commissariat de Ghaziabad, à Lahore. Cette décision sans précédent fait suite à la plainte d'une jeune femme de 20 ans atteinte de troubles de l'apprentissage, qui aurait été violée par un sous-inspecteur au sein même du bâtiment.

Une mesure disciplinaire historique au Pakistan

Date de l'événement : 5 août 2026 | Lieu : Commissariat de Ghaziabad, Lahore, Pakistan


Dans une action disciplinaire décrite comme l'une des plus importantes de l'histoire policière du Pakistan, les autorités ont suspendu les 78 officiers et membres du personnel du commissariat de Ghaziabad à Lahore. Cette décision a été prise après qu'une femme de 20 ans atteinte de troubles de l'apprentissage a signalé avoir été violée par un sous-inspecteur adjoint à l'intérieur des installations policières.

Il faut savoir que Lahore est la capitale de la province du Pendjab et l'une des villes les plus peuplées du monde. C'est le cœur culturel et historique du Pakistan. Selon les informations rapportées par The Guardian, la jeune femme a affirmé qu'un sous-inspecteur adjoint l'avait interpellée dans la rue, l'avait emmenée au commissariat de Ghaziabad et l'avait violée dans une salle du deuxième étage. Sa famille a raconté que la femme avait disparu alors qu'elle marchait dans la voie publique et était rentrée chez elle en pleurant, racontant ce qui s'était passé.

Pourquoi l'ensemble des effectifs a été suspendu

L'inspecteur général adjoint de la police de Lahore (opérations), Faisal Kamran, a expliqué à The Guardian que la décision de suspendre la totalité du personnel était basée sur les règles internes de la force policière. Selon ces règles, tous les officiers sont responsables de prévenir et de signaler tout acte illicite au sein du commissariat, ce que personne n'a fait.

Aucun officier n'a remis en question pourquoi le sous-inspecteur adjoint avait emmené la femme au commissariat sans la présence de personnel policier féminin.

Faisal Kamran, inspecteur général adjoint de la police de Lahore (opérations)

Kamran a ajouté : « J'ai suspendu les 78 fonctionnaires de police, l'unité des crimes de genre enquête sur l'affaire, nous renverrons les coupables et nous garantirons la sécurité dans tous les commissariats de la ville. »

Réactions et contexte social au Pakistan

L'affaire a suscité une profonde indignation au Pakistan, un pays d'Asie du Sud où les groupes de défense des droits de l'homme dénoncent depuis des années le fait que de nombreuses femmes hésitent à signaler les violences sexuelles en raison de la stigmatisation sociale et du manque de confiance dans les forces de l'ordre. Les accusations d'inconduite policière ont encore érodé la confiance du public, selon les militants.

Chiffres alarmants : impunité et violences basées sur le genre

Malgré les réformes juridiques des dernières années, les condamnations pour viol restent rares au Pakistan. Selon l'organisation Sustainable Social Development Organisation, le taux national de condamnations était d'environ 0,5 % en 2024, tandis que les données officielles ont montré que dans la province du Pendjab, où l'incident s'est produit, le taux était de 4 % en 2025.

IndicateurChiffrePériode
Taux national de condamnations pour viol~0,5 %2024
Taux de condamnations dans le Pendjab4 %2025
Crimes contre les femmes dans le Pendjab+20 000 casPremier semestre 2026

Les groupes de défense des droits attribuent ces faibles taux à des enquêtes faibles, une mauvaise collecte de preuves, des retards dans les poursuites et la stigmatisation entourant la violence sexuelle.

Selon les données policières, plus de 20 000 crimes contre les femmes ont été enregistrés dans la province du Pendjab au premier semestre 2026, une augmentation par rapport à la même période de 2025. Bari a conclu par un appel à l'action : « À moins que les institutions étatiques ne rendent des comptes, de tels crimes continueront. Ce dont on a besoin, c'est d'une réforme structurelle et d'une supervision plus forte pour garantir la justice pour les gens ordinaires. »