Un revirement inattendu à la Maison-Blanche
Le président des États-Unis, Donald Trump, a provoqué une onde de choc au Royaume-Uni en suggérant qu'il était en train de 'réviser' le soutien américain à la souveraineté britannique sur les îles Malouines (connues sous le nom de Falkland Islands en anglais). La déclaration, faite lors d'une interview avec le média britannique GB News, a été rapportée par The Guardian ce vendredi 4 septembre 2026, et représente un changement sismique dans la politique étrangère de Washington.
Trump a directement lié cette révision au ressentiment envers le gouvernement britannique pour son refus de participer à la guerre des États-Unis contre l'Iran. Selon ses propos : 'Votre pays n'était pas là pour m'aider... Nous n'avions pas besoin d'aide, mais j'ai demandé à l'OTAN et j'ai demandé à votre ancien dirigeant : pourquoi n'envoyez-vous pas quelques navires ? Il a dit : nous n'en avons pas. C'était assez triste, toute l'affaire'.
'Votre pays n'était pas là pour m'aider... Nous n'avions pas besoin d'aide, mais j'ai demandé à l'OTAN et j'ai demandé à votre ancien dirigeant : pourquoi n'envoyez-vous pas quelques navires ? Il a dit : nous n'en avons pas. C'était assez triste, toute l'affaire'.
Milei profite des 'vents de changement'
Le président argentin, Javier Milei, n'a pas laissé passer l'occasion. Le jeudi 3 septembre 2026, lors d'un discours public, il a annoncé son intention de rouvrir la revendication argentine sur les îles, évoquant des 'vents de changement' et déclarant que le Royaume-Uni était en déclin. La référence n'est pas anodine : elle évoque le célèbre discours de Harold Macmillan en 1960, lorsque le Premier ministre britannique avait parlé des 'vents de changement' qui soufflaient sur l'Afrique pendant la décolonisation.
La manœuvre de Milei est doublement significative. D'une part, il cherche à capitaliser sur le soutien de Trump, avec qui il entretient une relation étroite depuis qu'il a assisté à son investiture en janvier 2025. D'autre part, il tente de détourner l'attention de sa chute de popularité sur le plan intérieur, un schéma qui rappelle la junte militaire argentine de 1982, qui avait utilisé la guerre des Malouines pour masquer une crise économique et sociale.
Le contexte historique : un différend de 200 ans
Les îles Malouines (Falkland Islands pour les Britanniques) sont un archipel de l'Atlantique Sud, à environ 500 kilomètres des côtes argentines. Le différend de souveraineté remonte à 1833, lorsque le Royaume-Uni a occupé les îles, expulsant la garnison argentine. En 1982, la junte militaire argentine a tenté de les reprendre par la force, déclenchant une guerre de 74 jours qui s'est soldée par une victoire britannique sous la direction de Margaret Thatcher et la mort de 649 Argentins et 255 Britanniques.
Depuis lors, l'Argentine n'a jamais renoncé à sa revendication, mais le Royaume-Uni a maintenu une position ferme, appuyée par la volonté des habitants des îles, qui ont exprimé à une écrasante majorité leur désir de rester britanniques lors de référendums. La population actuelle est de moins de 2 000 personnes, et leur autodétermination a été un pilier de la position britannique.
La stratégie de Trump : pression et représailles
La révision du soutien au Royaume-Uni n'est pas un fait isolé. Trump a déployé une série de mesures de représailles contre les pays qui ne se sont pas joints à sa guerre contre l'Iran :
- Corée du Sud : Réduction et raccourcissement (de six jours) des exercices militaires conjoints.
- Oman : Menaces de bombarder le pays s'il empêche la réouverture du détroit d'Ormuz, fermé par l'Iran.
- Allemagne : Retrait de 5 000 soldats américains après les critiques du chancelier Friedrich Merz.
- Espagne : Menaces en raison de sa résistance à augmenter les dépenses de défense.
- Italie : Tensions avec la Première ministre Giorgia Meloni.
Dans le cas britannique, Trump pourrait utiliser le dossier des Malouines comme monnaie d'échange pour faire pression sur le nouveau Premier ministre, Andy Burnham (Parti travailliste), afin qu'il augmente les dépenses de défense et les contributions à l'OTAN. Burnham, qui a remplacé Keir Starmer, fait face à une crise migratoire, démographique et économique qui affaiblit la position britannique sur la scène internationale.
Le facteur Milei : un allié stratégique
La relation entre Trump et Milei est exceptionnellement étroite. Outre sa présence à l'investiture de Trump, l'Argentine a reçu un prêt de 20 milliards de dollars en garanties de la part des États-Unis, conditionné à la victoire du parti de Milei aux élections législatives, ce qui a été le cas. Ce soutien financier a été crucial pour le plan d'ajustement économique de Milei, bien que sa popularité ait chuté ces derniers mois.
Pour Milei, le soutien de Trump à sa revendication sur les Malouines serait un succès diplomatique sans précédent, mais aussi une arme à double tranchant : cela pourrait exacerber les tensions avec le Royaume-Uni et ses alliés, et il n'est pas certain que la communauté internationale accepterait un changement de position des États-Unis sur un sujet aussi sensible.
Réactions et perspectives
Jusqu'à présent, le gouvernement britannique n'a pas émis de réponse officielle aux déclarations de Trump. Cependant, des sources diplomatiques citées par The Guardian suggèrent que Londres est 'inquiet mais pas surpris' par l'attitude du président américain, compte tenu de ses antécédents de pressions et de menaces.
Le chancelier de l'Échiquier britannique, John Healey, a insisté sur le fait que la souveraineté des îles 'n'est pas négociable', mais la réalité géopolitique a changé. Avec un Royaume-Uni affaibli et un Trump prêt à utiliser tous les instruments de pression, l'avenir des Malouines pourrait être en jeu.
Pendant ce temps, en Argentine, la nouvelle a suscité des attentes et des espoirs. Des organisations d'anciens combattants et des secteurs politiques ont salué la possibilité de rouvrir le dialogue, bien qu'avec prudence. 'C'est un premier pas, mais le chemin sera long', a averti un analyste local.
La communauté internationale observe avec attention. La décision de Trump pourrait reconfigurer l'équilibre des pouvoirs dans l'Atlantique Sud et créer un précédent dangereux pour l'autodétermination des peuples. Pour l'instant, il ne reste plus qu'à attendre les prochains mouvements d'un président qui ne cesse de surprendre.