Ce qui devait être une mission humanitaire internationale pour sauver 30 cétacés après la fermeture du parc Marineland au Canada s'est transformé en crise sanitaire. La mort de quatre bélugas et d'un dauphin dans des aquariums aux États-Unis et en Espagne soulève des questions critiques sur les protocoles de transport et l'état de santé initial des animaux.

Un transfert sous haute tension

Une opération présentée comme un acte de compassion pour éviter le destin tragique des animaux suite à la fermeture de Marineland (Ontario, Canada) a abouti à une série de décès systématiques dans des institutions d'accueil aux États-Unis et en Espagne.

Le transfert, effectué durant l'été, concernait 30 spécimens. Cependant, le bilan actuel est alarmant : au Shedd Aquarium de Chicago, trois bélugas sont morts en moins d'un mois. Peekachu (23 ans) s'est éteinte le 25 août, suivie par Rain (20 ans) le 2 septembre et Osiris le 21 septembre. Parallèlement, l' Oceanogràfic de Valence a signalé la perte de la béluga Jelly Bean ainsi que celle d'un dauphin faisant partie du même programme.

Pour comprendre : Qu'est-ce que Marineland ?

Pour numbers lecteurs peu familiers avec le contexte nord-américain, Marineland, situé près des chutes du Niagara, a été pendant des décennies l'un des plus grands parcs aquatiques d'Amérique du Nord. En 2024, le site a fermé ses portes au public suite à une chute brutale des ventes de billets et à une pression juridique intense.

Pendant des années, le parc a été au cœur de controverses majeures, accusé de maltraitance animale et de conditions sanitaires précaires. La fermeture a forcé la recherche de nouveaux refuges pour ses cétacés, les distribuant vers des consortiums comme SeaWorld (San Antonio et San Diego) et le Georgia Aquarium.

Analyse des causes et dilemmes éthiques

Les premières nécropsies (autopsies animales) réalisées à Chicago révèlent un schéma inquiétant : des maladies inflammatoires chroniques dans les systèmes gastro-intestinaux de Peekachu et Rain. Ce constat suggère que les animaux souffraient déjà de pathologies sévères avant même leur transfert, remettant en cause la rigueur des examens médicaux effectués au Canada.

Point de vue éthique : L'organisation FAADA dénonce fermement ces opérations. Selon eux, il ne s'agirait pas de véritables sauvetages, mais d'un simple transfert d'actifs commerciaux entre institutions. Le stress immense lié au transport d'animaux de cette taille aurait pu précipiter l'effondrement de leur système immunitaire.

Cette situation met en lumière la fragilité des accords internationaux sur le bien-être animal lorsque des intérêts économiques entrent en jeu, où la notion de "sauvetage" pourrait être confondue avec le maintien d'expositions publiques.

Perspectives et espoirs pour l'avenir

Malgré cette tragédie, cet événement pourrait devenir un catalyseur pour un changement positif :

  • Les autorités sanitaires des États-Unis et d'Espagne pourraient exiger des audits médicaux beaucoup plus stricts pour les animaux restants.
  • Une pression juridique accrue pourrait s'exercer sur les anciens opérateurs de Marineland si l'on prouve que l'état de santé des animaux a été dissimulé.
  • Ce cas pourrait impulser de nouvelles réglementations internationales limitant les transferts entre institutions d'exposition sous le label de "sauvetage".
Source des informations : Basé sur les rapports de transfert de Marineland et les communications des institutions Shedd Aquarium et Oceanogràfic.