23/06/2026 16:00 - Politica
Le mardi 23 juin 2026, la Chambre des Députés d'Argentine a vécu une séquence politique de haut voltage. La session convoquée par l'opposition pour interpellation le chef de Cabinet, Manuel Adorni, a échoué faute de quorum. Seulement 117 législateurs étaient présents dans l'hémicycle, alors que le nombre minimum requis était de 129 députés.
La manœuvre du parti au pouvoir, dirigé par Martín Menem, a bénéficié du soutien décisif du PRO (Proposition Républicaine), de l'UCR (Union Civique Radicale) et de blocs provinciaux alliés. Ces secteurs ont décidé de ne pas descendre dans l'hémicycle dans le cadre d'un accord politique qui a permis de retarder le débat sur le fonctionnaire controversé.
En Argentine, l'interpellation est un mécanisme constitutionnel (article 101) qui permet au Congrès de convoquer des ministres ou fonctionnaires pour qu'ils expliquent des sujets liés à leur gestion. Si l'interpellé n'arrive pas à justifier sa gestion, cela peut déboucher sur une motion de censure qui pourrait exiger sa démission. C'est un instrument de contrôle politique fondamental dans le système démocratique argentin.
Le chef de Cabinet fait l'objet d'une enquête pour un accroissement patrimonial de 775%, passant de déclarer 20 millions de pesos à 944 millions de pesos. Une motion de censure contre lui totalise déjà 120 signatures sur les 129 nécessaires. Le juge Ariel Lijo est en charge de l'affaire judiciaire. Ce scandale a été baptisé par la presse argentine.
L'accord entre Martín Menem et les blocs alliés a été impulsé par ces derniers, qui ne voulaient pas être forcés de défendre publiquement Adorni, mais ne voulaient pas non plus participer à une manœuvre impulsée par le kirchnerisme (courant politique issu de Néstor et Cristina Kirchner).
Tant le PRO que l'UCR ont argumenté que l'objectif original de la session était de mettre en demeure les commissions pour traiter l'interpellation. Comme le parti au pouvoir a autorisé le traitement en commission, ils ont signalé que la session avait perdu son sens.
| Ont donné le quorum (117 présents) | N'ont pas donné le quorum |
|---|---|
| Unión por la Patria (opposition péroniste), Frente de Izquierda (gauche), Coalition Civique | PRO (droite libérale), UCR (centre), MID |
| Radicaux dissidents de Provincias Unidas | Independencia (Tucumán) |
| Parlementaires cordobans répondant au gouverneur Martín Llaryora | Majeure partie d'Innovación Federal (Misiones et Salta) |
| Député salteño d'Innovación Federal | La Neuquinidad, Producción y Trabajo (San Juan) |
| Deux députés d'Elijo Catamarca | Secteur de Provincias Unidas (gouverneur Pullaro) |
| Miguel Pichetto, Natalia de la Sota, Marcela Pagano, Karina Banfi | - |
Le député radical dissident Pablo Juliano (Provincias Unidas) a protesté avec énergie : Vous êtes en train de condamner l'Argentine à une crise institutionnelle. La sentence la plus importante, vous la portez déjà sur vos épaules, et la sentence, c'est le peuple qui la détient : c'est un corrompu, qui a menti au peuple, qui nous a menti au Congrès.
Le socialiste Esteban Paulón a ajouté : Ils ont gagné quelques jours, pas pour qu'Adorni arrange les chiffres parce qu'il a déjà essayé et n'a pas pu. Milei lui-même sait qu'Adorni est un clou qu'il ne peut pas continuer à traîner.
Au milieu de ce scénario, Javier Milei a désigné Adrián Ravier comme nouveau porte-parole présidentiel. Ravier est député national pour La Pampa, économiste libéral, disciple de Jesús Huerta de Soto et directeur académique de la Fundación Faro. Il devra demander une licence comme député pour assumer ses nouvelles fonctions, qui se concentreront sur la communication économique.
Le départ de Javier Lanari du Secrétariat de Presse a été confirmé après deux ans et demi de gestion.
Le parti au pouvoir a convoqué une session spéciale pour le mercredi afin de traiter le appelé Súper RIGI (Régime d'Investissements pour Grands Investissements), orienté à promouvoir des investissements jusqu'à USD 1.000 millions dans des industries du futur, et le paiement à un groupe de holdouts (créanciers qui n'ont pas participé aux restructurations de dette). Les deux initiatives comptent sur un consensus parmi les alliés pour leur approbation.
Source : Infobae
Alfredo S. Quiroga