Une étoile s'est éteinte, mais son art continue de briller
Le monde de la musique classique est en deuil. Romina Rivera Cruz, violoniste vénézuélienne de 9 ans, s'est envolée le 20 août 2026 après dix jours d'hospitalisation. Atteinte de mucoviscidose (fibrose kystique), une maladie génétique qui affecte les poumons et le système digestif, elle avait été admise à l'hôpital Jesús María Casal Ramos de la ville d'Acarigua, dans l'État de Portuguesa.
Un prodige révélé dans l'immense Venezuela
Romina était une étoile montante du El Sistema, le célèbre programme d'éducation musicale vénézuélien qui a formé des musiciens reconnus dans le monde entier. Elle appartenait à la Sinfónica Nacional Infantil et son talent a très vite dépassé les frontières. En octobre 2025, elle a été choisie pour faire partie d'une délégation de 160 enfants qui s'est rendue à Rome pour assister à la canonisation de Carmen Rendiles et José Gregorio Hernández, deux figures vénézuéliennes.
Au cœur du Vatican, devant le pape Léon XIV, la petite violoniste a interprété un solo sur le Danzón n° 2 du compositeur mexicain Arturo Márquez, lors du concert Santos et Musique pour Tous. Sa prestation a été vivement saluée, lui valant de nombreux éloges du public et du clergé.
Chiffres à retenir
- Naissance : 2016
- Décès : 20 août 2026
- Durée d'hospitalisation : 10 jours
- Maladie : mucoviscidose
Hauts faits
- Solo au Vatican : Octobre 2025
- Programme : El Sistema (Sinfónica Infantil)
- Répertoire : Danzón n°2 de Arturo Márquez
La plainte de la mère : des révélations troublantes
Claribeth Cruz, mère de Romina, a dénoncé de très préoccupantes irrégularités dans la prise en charge de sa fille. D'après elle, plusieurs médecins ont ignoré les spécificités de la pathologie de l'enfant, et ont refusé de consulter le pneumologue traitant de Romina, qui connaissait la patiente. Dans ses déclarations, elle a notamment souligné : « Elle a été suivie par des professionnels qui ignoraient la maladie et qui ne m'ont pas laissé entrer en contact avec son spécialiste ; ils me l'ont refusé ». Claribeth a également remis en cause la nombreuses analyses réalisées, qui auraient déstabilisé Romina : « Ma fille était un cas d'étude pour chaque médecin, un véritable terrain de pratique ». Selon elle, l'hôpital ne disposait pas des moyens nécessaires pour le traitement de ce type de condition rare.
Une enfants de combative et une carrière prometteuse
Malgré sa pathologie, Romina n'a jamais cessé de jouer du violon. Son professeur, Juan Benedetto, a expliqué à la presse : « Elle savait qu'elle pouvait mourir à tout moment, c'est pour cela qu'elle vivait le présent ». Elle était reconnue pour sa discipline, son éclat et sa joie de vivre. Le système vénézuélien des orchestres jeunesses a publié un hommage émouvant : « Nous nous souviendrons toujours de ton sourire, de ton amour pour les arts et de ton génie ».
La disparition de Romina Rivera Cruz laisse un vide immense dans le cœur de sa famille, des amis et des musiciens du monde entier. Sa jeune existence nous invite à la fois à célébrer l'art, la détermination, et à poser des questions urgentes sur la préparation médicale des soignants en Amérique du Sud. Une leçon de force et d'amour que cette petite virtuose lègue comme un dernier morceau, silencieux mais universel.