Ce lundi 3 août 2026, la rentrée après les vacances d'hiver a été marquée par une grève nationale des enseignants convoquée par la CTERA. Alors que le gouvernement national mène des inspections pour garantir 75% du service minimum, les syndicats manifestent pour exiger des négociations salariales et le rétablissement du FONID.

Rentrée sous tension : grève des enseignants et contrôle gouvernemental

Le 3 août 2026 a marqué le retour en classe après les vacances d'hiver dans la ville et la province de Buenos Aires, Chaco et Santiago del Estero. Cependant, la journée a été marquée par la grève nationale des enseignants convoquée par la Confédération des travailleurs de l'éducation de la République argentine (CTERA), lançant une semaine de revendications syndicales.

Les raisons de la grève : que demandent les enseignants ?

Selon les médias, la mesure de force de 24 heures répond à un plan de lutte impulsé par la CTERA et les syndicats affiliés. Les principales revendications incluent :

  • Réouverture de la négociation salariale nationale pour discuter des salaires au niveau fédéral.
  • Rétablissement du Fonds national d'incitation à l'enseignement (FONID), supprimé en 2024.
  • Recomposition salariale urgente, car selon le syndicat, le salaire minimum des enseignants serait bloqué à 500 000 pesos argentins.
  • Rejet des réformes des retraites et du projet de Loi sur la liberté éducative.
  • Davantage de financement pour les infrastructures, les cantines et les bourses.

Le rôle du gouvernement : inspections et service minimum

Le ministère du Capital humain, dirigé par Sandra Pettovello, a annoncé la mise en œuvre d'inspections par échantillonnage dans les écoles de tout le pays. L'objectif est de vérifier le respect de la Loi 27.802 de modernisation du travail, dont l'article 101 déclare l'éducation comme un service essentiel, exigeant qu'au moins 75% du service habituel soit garanti pendant les grèves.

Le secrétaire au Travail, Julio Cordero, a assuré qu'en cas de non-respect, des procédures de sanction seraient engagées contre les entités syndicales, bien qu'elles ne soient pas automatiques. De leur côté, la CTERA et l'Association des travailleurs de l'État (ATE) ont dénoncé ces mesures comme inconstitutionnelles.

Le conflit de compétences

Tant le gouvernement de la province de Buenos Aires que celui de la ville autonome de Buenos Aires ont refusé d'exécuter les contrôles nationaux. La Direction générale de la culture et de l'éducation de Buenos Aires a émis une circulaire demandant aux directeurs de ne pas fournir d'informations aux inspecteurs nationaux, invoquant l'article 6 de la Constitution nationale, qui réserve aux provinces le contrôle de l'éducation.

Comment la grève a-t-elle été vécue dans les provinces ?

Le taux de suivi a été variable selon la juridiction et le type de gestion (publique, privée ou municipale) :

  • Ville de Buenos Aires : La plupart des écoles sont restées ouvertes avec un fonctionnement inégal. Le gouvernement local a indiqué que l'adhésion était inférieure à 10%.
  • Province de Buenos Aires (banlieue et La Plata) : Forte adhésion. Dans les écoles de La Plata, Gonnet et City Bell, on a enregistré jusqu'à 98% d'adhésion, avec des salles de classe vides.
  • San Luis, Mendoza et Chaco : Selon Infobae, dans ces provinces, les cours se sont déroulés normalement ou avec de faibles niveaux d'adhésion.
  • Universités : La Fédération nationale des enseignants universitaires (CONADU) a également adhéré, affectant tous les niveaux d'enseignement.

Une semaine de mobilisations

La grève des enseignants n'est que le début d'une semaine de forte conflictualité syndicale. Ce lundi, la CTERA, l'UTE, le SUTEBA et l'ATE ont marché vers la Place de Mai sous le slogan « Assez d'austérité pour l'éducation ». Le mouvement se poursuivra le jeudi 6 août avec une marche de la CGT et des CTA vers le Congrès, et le vendredi 7 août avec la traditionnelle mobilisation pour la fête de San Cayetano.

Sources consultées : TN, Clarín, Infobae, La Nación, La Nueva.