Une crise qui pousse à la recherche de transparence
La stabilité déjà fragile de Gianni Infantino à la tête de la FIFA a été fortement ébranlée après l'échec de son projet de privatisation de 20% des droits commerciaux de la Coupe du Monde (connu sous le nom de FIFA Forward Enterprise ou FFE). Dans ce contexte, le football mondial traverse un moment de redéfinition institutionnelle qui promet une plus grande ouverture.
L'accusation de la Jordanie : un appel à l'éthique
Le prince Ali Bin Al Hussein, président de la Fédération de Football de Jordanie et frère du roi Abdallah, a lancé une accusation cinglante via son compte sur le réseau social X. Il a dénoncé des pratiques coercitives lors de la Coupe du Monde 2026 : "Pendant le Mondial, on m'a dit verbalement que si je soutenais Infantino, cela aiderait notre fédération. C'est du chantage et nous refusons de céder."
Al Hussein a détaillé les obstacles rencontrés par le pays asiatique lors de sa première participation à la Coupe du Monde, notamment le refus de visas américains pour des supporters ayant acheté des billets, des charges fiscales élevées imposées par le gouvernement américain (canalisées via la FIFA, contrairement aux équipes qui se sont concentrées au Mexique et au Canada) et la rétention du prix économique pour la deuxième place à la Coupe Arabe du Qatar, en attente depuis décembre 2025.
Réaction mondiale : un football en quête d'unité
Face à la crise, Infantino a convoqué une réunion d'urgence pour ce mercredi 5 août 2026 à Rabat, au Maroc, cherchant le soutien des fédérations africaines. Pendant ce temps, l'opposition grandit dans plusieurs confédérations qui aspirent à un changement de paradigme :
- UEFA : Des fédérations comme l'Angleterre, le Pays de Galles, la Serbie et la Suède ont déjà confirmé qu'elles ne voteront pas pour Infantino lors des élections de mars 2027.
- Concacaf : Lors d'une réunion le vendredi 1er août 2026, plusieurs membres se sont engagés à retirer leur soutien. Des candidats alternatifs potentiels sont mentionnés, comme le Canadien Víctor Montagliani et la Norvégienne Lise Klaveness.
- Conmebol : Présidée par le Paraguayen Alejandro Domínguez, elle a programmé une rencontre virtuelle pour le jeudi 6 août 2026 afin de définir une stratégie commune protégeant les intérêts sud-américains.
Voix internes et la voie à suivre
Au sein même de la FIFA, des figures clés se sont distanciées du plan de privatisation avorté. Le Français Arsène Wenger, directeur du développement, a assuré qu'il n'avait pas participé au plan et s'est félicité de son retrait pour garantir "une FIFA indépendante et transparente". Le secrétaire général, Mattias Grafstrom, a envoyé des communications au personnel soulignant le succès organisationnel de la Coupe du Monde 2026 et demandant de se concentrer sur l'opérabilité future.
Pour convoquer un Congrès Extraordinaire, l'opposition a besoin du soutien d'un cinquième des 211 membres de la FIFA (43 associations). Ce scénario ouvre une porte d'espoir pour un renouveau démocratique au sein de l'instance dirigeante du football mondial, démontrant que les valeurs éthiques et l'institutionnalité peuvent prévaloir face à toute adversité.