Le marché des actions : ombres et lumières à Buenos Aires
La saison des bilans en Argentine laisserait des signaux mitigés pour les investisseurs. Selon les données du marché, l'indice S&P Merval (l'indice principal de la Bourse de Buenos Aires) aurait reculé de 1,5 % le 14 août 2026, clôturant à 2.955.369 points. Les ADRs (certificats négociés à Wall Street représentant des actions d'entreprises argentines) ont également évolué dans le rouge : Supervielle a chuté de 4,7 %, BBVA de 4,1 % et Macro de 3,7 %.
Cependant, la compagnie pétrolière étatique YPF aurait augmenté de 0,8 % après avoir rapporté des bénéfices records de 2,804 milliards de dollars, ce qui en ferait l'une des actions les plus attractives du panel. Les opérateurs indiquent que cette baisse générale répondrait à un réajustement de portefeuilles après la publication des bilans et à l'incertitude électorale à l'approche de 2027. Les sondages montreraient que le parti au pouvoir, La Libertad Avanza, aurait réduit son avance à seulement 2 points face au péronisme, générant de la volatilité.
Les obligations et le risque pays : la dette au centre de l'attention
Le risque pays (la prime qu'ajoute l'Argentine aux taux d'intérêt par rapport aux bons du Trésor américain) accumulerait une hausse de 9,8 % en août, atteignant 476 points de base, son plus haut niveau en deux mois. Dans le segment de la dette à revenu fixe, les obligations souveraines en dollars auraient connu de légères baisses, tandis que les Lebac et les bons du Trésor continueraient d'être un refuge pour les investisseurs les plus conservateurs.
La BCRA (Banque Centrale de la République d'Argentine) continuerait d'acheter des dollars : le 14 août, elle aurait acquis 80 millions de dollars, bien que les réserves brutes soient tombées à 49,496 milliards de dollars en raison de l'effet d'évaluation.
Le dollar : le refuge traditionnel des Argentins
En Argentine, il existe plusieurs taux de change. Le dollar officiel s'est clôturé à 1.510 pesos à la Banque Nationale, tandis que le dollar blue (marché parallèle) s'échangeait à 1.545 pesos, avec un écart de 3,87 %. Le dollar de gros s'est établi à 1.487,50 pesos, le MEP (Marché Électronique de Paiements) à 1.517,16 pesos et le CCL (Compte avec Liquidation) à 1.578,61 pesos.
Les analystes du REM (Enquête sur les Expectatives de Marché) projetteraient un dollar à 1.546 pesos pour septembre et 1.652 pesos pour décembre, suggérant une dévaluation graduelle. Le plafond de la bande de change pour septembre se situerait à 1.919,45 pesos.
Où les investisseurs mettent-ils leur argent ?
Les données du marché indiqueraient que les actions du secteur de l'énergie (YPF, Pampa Energía, Vista) sont les plus demandées en raison de leur exposition à Vaca Muerta (une immense formation géologique riche en gaz et pétrole de schiste) et aux prix internationaux. Le crédit montrant des signes de récupération (représentant 9,6 % du PIB en pesos et 12,5 % en dollars), les actions bancaires susciteraient également de l'intérêt malgré la chute récente.
Dans le segment de la rente fixe en pesos, les bons ajustés par le CER (indice d'inflation) resteraient une option de couverture, étant donné que l'inflation projetée pour août serait de 2,1 % selon la consultance Analítica. Les obligations liées au dollar gagneraient également du terrain face à l'attente d'un taux de change plus élevé.
La perspective des spécialistes et le marché immobilier
Le président de la BCRA, Santiago Bausili, aurait admis le 14 août que l'économie croît à un rythme d'environ 2 % par an, « beaucoup plus lentement que ce que nous aimerions », attribuant cette prudence au « stress post-traumatique » des investisseurs. Le gouvernement chercherait à relancer le crédit en assouplissant les prêts en dollars aux entreprises non exportatrices (jusqu'à 15 % des dépôts), ce qui pourrait libérer 5,8 milliards de dollars supplémentaires.
Du côté des investissements alternatifs, le marché immobilier reste dynamique : le penthouse de la Harbour Tower à Puerto Madero, mis en vente pour 21 millions de dollars, serait devenu la propriété résidentielle la plus chère du pays. De plus, la fusion de REMAX avec The Real Brokerage (880 millions de dollars) promettrait une plus grande dérégulation du secteur immobilier.
Conclusion : prudence et opportunités sélectives
La saison des bilans laisserait un message clair : les entreprises avec de bons fondamentaux et une exposition au dollar (énergie, agriculture, mines) seraient les favorites, tandis que le marché attendrait des signaux politiques plus définis. Un risque pays élevé et la volatilité changière invitent à la prudence, mais de belles opportunités se présenteraient dans les actions énergétiques et les obligations indexées sur l'inflation.
Source : Elaboration propre basée sur les données du marché du 14/08/2026 et les déclarations des fonctionnaires, publiée sur https://www.imago.com.ar