29/07/2026 18:52 - Internacionales
La République de Cuba a annoncé le 29 juillet 2026 une transformation profonde de son modèle économique. Par la publication dans la Gaceta Oficial (journal officiel), le régime a autorisé la participation du secteur privé dans des domaines stratégiques historiquement monopolisés par l'État, tels que l'extraction de pétrole et de gaz, la gestion de pharmacies, de stations-service, de ports et de résidences pour personnes âgées.
Cette ouverture fait partie d'un ensemble de 176 réformes économiques et sociales approuvées par le Parlement et le Parti communiste en juin 2026. La mesure vise à libéraliser et décentraliser l'économie pour faire face à une crise sans précédent et au durcissement des sanctions imposées par les États-Unis depuis janvier.
La législation en vigueur contenait jusqu'à présent une liste de 125 activités interdites au secteur privé. Avec la nouvelle réglementation, 46 d'entre elles ont été supprimées et autorisées sans restriction, tandis que 35 autres ont été assouplies pour laisser place à l'initiative privée.
Lázara Mercedes López Acea, présidente de l'Institut national des acteurs économiques non étatiques, a assuré que ces mesures « ne vont pas vers la privatisation de l'économie », car l'entreprise publique socialiste conserve son « rôle fondamental ». Elle a toutefois reconnu que l'on accorde « plus de participation aux acteurs économiques non étatiques ».
Depuis les années 1960, Cuba maintenait un contrôle étatique strict sur l'activité économique. En 2021, le gouvernement a autorisé la création de petites et moyennes entreprises (PME, appelées localement mipymes). À ce jour, plus de 15 600 mipymes opèrent sur l'île, employant plus d'un tiers de la population active.
Des citoyens comme Ana Diego, 66 ans, voient cette ouverture avec espoir : « Tout le monde sait qu'en ce moment nous survivons grâce aux mipymes. Il faut trouver une solution, car la réalité est que les gens sont sans médicaments, sans nourriture ».
Baisse du PIB : 15 % cumulé entre 2020 et 2025.
Coupures d'électricité : 74 % du pays a été plongé dans le noir simultanément au pic de la demande.
Pression des États-Unis : Blocus pétrolier de facto et sanctions supplémentaires depuis janvier 2026.
Malgré cette ouverture historique, le régime cubain maintient sous sa seule autorité des secteurs considérés comme piliers de la Révolution et de la souveraineté nationale. Les soins hospitaliers restent gratuits et relèvent de l'État, de même que l'éducation formelle.
Autres secteurs réservés :
Dans le cadre de la réorganisation, le gouvernement réduira sa structure administrative en passant de 27 à 20 ministères. Le Premier ministre Manuel Marrero a fait valoir qu'un pays en situation complexe ne peut soutenir une bureaucratie aussi étendue.
De plus, une nouvelle loi sur le logement permettra aux citoyens de posséder jusqu'à deux propriétés et facilitera les prêts hypothécaires. Dans le secteur agricole, le secteur privé sera reconnu comme producteur agricole et la distribution de terres publiques en usufruit sera élargie, afin d'atténuer la pénurie chronique de nourriture.
Alfredo S. Quiroga