Le président américain a annoncé ce mercredi une offensive économique 'sans précédent' contre l'Iran, visant à isoler totalement la République islamique. Trump a averti que tout pays aidant Téhéran subirait de 'tremendous conséquences économiques'. Cette décision intervient alors que la guerre dure depuis près de six mois et que le détroit d'Ormuz est devenu un point critique.

Annonce historique sur Truth Social

Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé ce mercredi 19 août 2026 une nouvelle offensive économique contre l'Iran, qu'il a qualifiée de 'l'opération économique la plus dévastatrice jamais entreprise contre un pays'. Dans une publication sur sa plateforme Truth Social (son réseau social personnel), Trump a défini cette stratégie comme une 'guerre économique' et un 'isolement à une échelle sans précédent'.

Le président a justifié la dureté des mesures en affirmant que le régime de Téhéran n'avait pas saisi les opportunités d'accord offertes par Washington : 'Personne n'a donné à la République islamique d'Iran une plus grande chance de parvenir à un accord que moi. Tragiquement pour eux, ils n'ont pas su en profiter', a-t-il écrit.

Avertissement direct aux pays tiers

Trump a lancé un avertissement explicite à toute nation, entreprise ou organisation qui maintiendrait des liens commerciaux ou logistiques avec l'Iran :

'Tout pays qui permet à ses institutions financières, entreprises, aéroports ou entités gouvernementales de fournir une quelconque bouée de sauvetage à l'Iran fera face lui-même à de terribles conséquences économiques'.

Le président a mentionné les voies qui seront poursuivies : contrebande de pétrole, lignes d'échange financier, transferts d'argent liquide, bureaux de change, enregistrements de navires et sociétés écrans. 'Tout cela doit cesser MAINTENANT. Vous savez qui vous êtes', a-t-il lancé.

Situation militaire et économique de l'Iran

Trump a décrit un tableau critique pour la République islamique : la marine iranienne 'a disparu', son armée de l'air a été détruite et les usines militaires ont été réduites en ruines. De plus, il a affirmé que la monnaie iranienne 'n'a aucune valeur' et que le pays est 'au bord du gouffre'.

Le président a qualifié ces mesures de 'Jour J économique' et a réclamé le soutien des alliés : 'Nous avons besoin que tous nos alliés se tiennent aux côtés des États-Unis d'Amérique pour isoler et vaincre la menace iranienne'.

Le détroit d'Ormuz : point critique

Cette offensive économique survient dans un contexte de tension maximale dans le détroit d'Ormuz, par où transite environ 20% du pétrole mondial. Selon les données de la société Kpler (spécialisée dans le suivi des navires), le trafic de pétroliers a de nouveau chuté de 17% mardi, avec seulement 10 traversées confirmées : six sorties du golfe Persique et quatre entrées. Aucun navire n'a utilisé le système de séparation du trafic (TSS) international, et cinq ont utilisé le schéma unilatéral iranien.

Kpler a également confirmé une nouvelle attaque le 17 août contre le vraquier Minoan Dignity, qui a fait un marin mort. Cet incident s'ajoute à la liste des agressions depuis que l'Iran a bloqué de facto la voie après les frappes d'Israël et des États-Unis le 28 février.

Pétrole cher et volatil

Le brut Brent (référence européenne) s'échangeait ce mercredi autour de 91,31 dollars le baril, en hausse de 0,32%, tandis que le WTI (référence américaine) se situait près de 84,38 dollars. Les analystes attribuent cette hausse à la disparition des espoirs d'un accord imminent entre Washington et Téhéran.

Trump a insisté sur le fait que le détroit est sous contrôle américain et que 'de nombreux navires traversent', bien que les données de Kpler montrent le contraire.

Les Émirats arabes unis suspendent le commerce avec l'Iran

Les Émirats arabes unis ont annoncé mardi la suspension des 'échanges commerciaux' et des 'transactions financières' avec l'Iran, après avoir accusé Téhéran d'avoir lancé deux missiles balistiques qui sont tombés en mer près de la navigation. L'Iran a catégoriquement nié ces faits.

Les EAU étaient le principal partenaire commercial de l'Iran, représentant plus de 30% de ses importations (environ 21 milliards de dollars en 2024).

Aucun dialogue diplomatique

Quelques heures avant cette annonce, Trump a exclu de reprendre les contacts diplomatiques avec l'Iran : 'Peut-être à un moment donné', a-t-il dit, mais il a souligné que 'la situation est très bonne'. Il a confirmé qu'il n'y a ni conversations ni dialogues prévus et que le blocus naval sur Ormuz reste en vigueur après l'expiration de l'accord de 60 jours signé en juin.

De son côté, le négociateur en chef iranien, Mohamad Baqer Qalibaf, a déclaré que le détroit ne sera pas rouvert tant que Washington ne respectera pas les engagements du protocole signé en juin, qui a été rompu avec la reprise des hostilités en juillet.

L'Iran a également menacé les pays du Golfe qui apporteraient un soutien à l'armée américaine : 'Toute assistance ou facilitation fournie à l'armée agressive américaine équivaut à une participation aux opérations militaires', a averti le général Alí Abdollahi.