Le Conseil de sécurité a réalisé vendredi 21 août 2026 son deuxième vote indicatif pour choisir le futur secrétaire général. La Guyanaise Carolyn Rodrigues-Birkett est en tête avec 8 soutiens, suivie par la Costaricienne Rebeca Grynspan et l'Argentin Rafael Grossi, tous deux à 7. Le processus, qui pourrait encore durer des mois, s'achemine vers une décision décisive, les cinq puissances de veto devant prochainement marquer leur préférence.

Un héritage lourd : la succession de Guterres

Le Conseil de sécurité des Nations Unies s'est prononcé ce vendredi 21 août 2026 dans un processus aussi discret que stratégique : désigner le successeur d'António Guterres, dont le mandat se termine le 31 décembre 2026. Cette délibération n'est pas officielle mais cruciale, car elle permet aux 15 membres du Conseil – dont les cinq grandes puissances à veto (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) – d'exprimer leur préférence via des bulletins non contraignants.

Le deuxième tour, réalisé dans le plus grand secret, s'est distingué par un classement des candidats en trois catégories : « encouragé », « découragé » ou « sans opinion ». Ce mécanisme, issu des années 1980 après un blocage entre deux candidats opposés à veto, cherche à éviter un rejet brutal des vétos explicites et à faciliter un consensus.

Résultats du deuxième vote indicatif (21 août 2026)

#Candidat(e)Pays« Encouragé »« Découragé »Sans opinion
1Carolyn Rodrigues-BirkettGuyana834
2Rebeca GrynspanCosta Rica744
3Rafael GrossiArgentine762
4Macky SallSénégalMoins de 7
5Olara OtunnuOugandaMoins de 7
6Michelle BacheletChiliAucune chance claire
7María Fernanda EspinosaÉquateurAucune chance claire
8Ivonne A-BakiÉquateurAucune chance claire

Source : informations rapportées par des médias locaux citant des documents non publiés. Ce scrutin est purement préliminaire et anonyme.

La règle d'or : 9 voix et aucun veto

Pour devenir le neuvième secrétaire général de l'ONU, un candidat doit obtenir au moins neuf voix parmi les 15 membres du Conseil de sécurité, et ne pas subir de veto de l'un des cinq membres permanents. Ce n'est qu'à cette condition qu'il est proposé à l'Assemblée générale de 193 pays, qui entérine presque automatiquement la recommandation. Or, aucun des huit prétendants n'a franchi ce seuil décisif au deuxième tour.

L'analyse des chiffres montre une dynamique intéressante : Carolyn Rodrigues-Birkett, diplomate guyanienne de 52 ans, améliore son score de 8 voix après avoir obtenu 9 au premier tour du 30 juillet 2026. Elle profite d'une progression relative, tandis que Rebeca Grynspan (ex-vice-présidente du Costa Rica et directrice de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement – CNUCED) recule de 10 à 7. De son côté, Rafael Grossi reste solidement à 7, sans perdre aucun vote. Selon Román Lejtman, correspondant de presse à Washington, cette stabilité est perçue comme un signe de solidité : même sans progression, il ne retombe pas, et son rôle dans les négociations autour de la centrale de Zaporiijia et du programme iranien le rend incontournable.

L'Amérique latine au centre du jeu

La tradition de rotation géographique de l'ONU – qui attribue la fonction à une région à tour de rôle – joue en faveur de l'Amérique latine et des Caraïbes. Sur les huit candidats, sept proviennent de cette région, signe évident de sa force démographique et politique actuelle. Le rappel de la première fois qu'une femme devienne secrétaire générale est également présent, notamment porté par l'ONG et certains médias internationaux comme DW.

La présence de candidats d'Afrique et d'Europe (Guterres n'a pas cherché à se succéder) empêche une conclusion rapide. Le diplomate russe Vassili Nebenzia a même ouvert la porte à de nouvelles candidatures, déclarant : « Si, par exemple – je spécule –, il y a une impasse sur un candidat actuel, et si personne ne sort du lot, je pensons que nous pourrions voir d'autres noms. »

Le Congolais Zenon Ngay Mukongo, membre du Conseil, a renchéri : « Il est trop tôt pour s'attendre à un consensus. » Cette phase de sonderure pourrait durer encore plusieurs semaines, mais le rythme historique de ce processus suggère une probable accélération d'ici fin septembre.

Rafael Grossi, l'Argentin solide

Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'Argentin de 65 ans Rafael Grossi, maintient sa place dans le trio de tête. Arrivé en 2019 à la tête de l'agence, il a marqué les esprits par sa gestion pragmatique des tensions nucléaires en Ukraine et par les négociations sur le programme iranien. Sa formation technique et sa neutralité présumée lui donnent un profil crédible.

Le gouvernement argentin (Casa Rosada) suit cette course avec un optimisme prudent, car le contexte global – guerre en Ukraine, désaccord avec les États-Unis sur le nucléaire iranien et montée du climat multilatéral – peut être tantôt un atout tantôt un obstacle.

La présidence du Conseil par les États-Unis en juin pourrait accélérer les décisions. Les prochaines étapes sont envisagées à la mi-septembre, avec des votes « bulletins colorés » (un préliminaire plus formel). Le vainqueur, quel qu'il soit, prêtera serment le 1er janvier 2027.

Article basé sur des informations provenant de Infobae, DW, El País et La Nación.