Selon The Telegraph, des responsables du Pentagone ont prévenu le Royaume-Uni qu’une hausse insuffisante de son budget défense pourrait lui coûter le soutien américain dans le conflit des îles Malouines (Falkland). Une pression inédite qui rebat les cartes diplomatiques dans l’Atlantique Sud et pourrait profiter à l’Argentine.

Les îles Malouines – connues sous le nom de Falkland au Royaume-Uni – sont au cœur d’un bras de fer diplomatique provoqué par les États-Unis. Selon le quotidien britannique The Telegraph, des responsables du Pentagone ont clairement signifié à Londres que son soutien historique dans ce dossier pourrait être remis en question si le Royaume-Uni n’augmente pas significativement ses dépenses militaires. Une information qui a provoqué une onde de choc dans la diplomatie régionale et que l’Argentine suit de très près.

L’avertissement du Pentagone

Les échanges, qualifiés de “sincères” par les sources américaines, porteraient sur un message clair : sans un effort budgétaire supplémentaire, le Royaume-Uni pourrait perdre le soutien de Washington dans le contentieux qui l’oppose à l’Argentine sur la souveraineté des Malouines. Un responsable cité par le journal a notamment déclaré : “J’espère que le Royaume-Uni recevra une attention particulière car il a énormément de potentiel.”

Cette pression s’inscrit dans la stratégie “OTAN 3.0” voulue par l’administration de Donald Trump. L’objectif est clair : amener les pays européens et le Canada à assumer une plus grande part de la défense conventionnelle de l’Alliance. D’après les documents consultés par le quotidien, le plan présenté par le Royaume-Uni est jugé “un pas dans la bonne direction, mais pas suffisant”. Le pays n’a notamment pas pris l’engagement ferme de consacrer 3 % de son PIB à la défense d’ici 2030, un chiffre jugé essentiel par les États-Unis.

L’objectif fixé par l’OTAN

Pour rappel, l’OTAN a fixé un objectif de 3,5 % du PIB consacré à la défense, auquel s’ajoute 1,5 % supplémentaire pour les infrastructures de sécurité, le tout à atteindre pour 2035. L’Allemagne, l’Espagne et le Canada ont également reçu des avertissements similaires, mais le cas britannique est particulièrement sensible en raison de la question des Malouines et du précédent historique de 1982.

La position historique des États-Unis

Depuis la guerre des Malouines en 1982, les États-Unis affichent une neutralité de façade dans ce conflit de souveraineté, tout en apportant dans les faits un soutien diplomatique et logistique au Royaume-Uni. Cette position pourrait donc évoluer si la pression sur les dépenses militaires se transforme en décision concrète. Rien n’est encore officialisé, mais la simple menace constitue un signal fort.

Ce n’est d’ailleurs pas la première alerte : en avril 2026, l’agence Reuters rapportait déjà que Washington envisageait de suspendre son appui à Londres sur ce dossier, selon un courriel interne du Pentagone lié au conflit avec l’Iran. À l’époque, le secrétaire d’État Marco Rubio avait minimisé l’incident en parlant d’“un simple courriel”.

Réactions à Londres et voyage de Milei

Au Royaume-Uni, la nouvelle suscite une vive inquiétude. Le Times confirme la pression américaine et exprime la crainte que Washington utilise la question des Malouines comme levier de négociation commerciale et sécuritaire. Pour le quotidien, cet avertissement “ne peut pas être ignoré”.

Pendant ce temps, le président argentin Javier Milei doit se rendre au Royaume-Uni au dernier trimestre 2026 pour participer à un forum économique et d’investissement, avec l’ambition d’attirer des capitaux britanniques. Ce déplacement ne prévoit pas d’agenda officiel sur les Malouines, mais ce nouveau contexte pourrait bien donner une résonance inattendue à sa visite.

À savoir : Le ministre argentin des Affaires étrangères, Pablo Quirno, a dénoncé en août dernier une “opération de l’opposition et des médias” à propos de l’amarrage d’un pétrolier britannique dans le port d’Ushuaia. Par ailleurs, l’ancien Premier ministre britannique Keir Starmer a soutenu une enquête de la FIFA visant des joueurs argentins qui avaient brandi un drapeau des Malouines après la demi-finale de la Coupe du monde.

Quel impact pour l’Argentine ?

Côté argentin, la nouvelle est accueillie avec une prudence diplomatique à la Casa Rosada. Le gouvernement reconnaît qu’aucun changement formel n’est acté, mais ne cache pas son attention face à un possible revirement de Washington. Pour beaucoup d’observateurs, cette pression américaine pourrait redessiner le jeu diplomatique dans l’Atlantique Sud et offrir à Buenos Aires une fenêtre inespérée pour raviver sa revendication de souveraineté.

Source principale : The Telegraph – 28 août 2026.