Un revirement inattendu dans le témoignage de Candela Arizaga
Date de l'incident : 4 août 2026, à 05h03 (heure locale).
L'affaire qui tient l'opinion publique argentine en haleine a pris un nouveau tournant. Candela Arizaga, 23 ans, a été retrouvée à moitié nue à l'intersection des rues Sucre et Virrey Vértiz, dans le quartier huppé de Belgrano (Buenos Aires), aux côtés du syndicaliste et ancien député Facundo Moyano. Ce dernier est le fils de Hugo Moyano, figure historique du syndicalisme argentin et ancien secrétaire général de la CGT (Confédération générale du travail).
Le témoignage à l'hôpital Pirovano
Transportée à l'hôpital Pirovano par le SAME (Service d'attention médicale d'urgence de la ville de Buenos Aires), Arizaga a livré sa version des faits devant la Division de protection familiale de la Police de la Ville. Selon des sources judiciaires rapportées par La Nación et Infobae, la jeune femme a affirmé que Moyano ne l'a pas frappée, ne lui a rien fait et que tout cet épisode confus était dû à la consommation de drogues.
Cette version contredit un premier rapport de police où le mannequin et influenceuse aurait indiqué avoir été agressée par le syndicaliste. Le directeur du SAME, Alberto Crescenti, a précisé que la jeune femme présentait un état d'excitation assez important et a déclaré avoir consommé des substances pendant plusieurs jours, ce qui a nécessité un traitement par voie parentérale.
Données de l'expertise médicale : La médecin légiste qui a examiné Arizaga n'a trouvé qu'une écorchure sur un genou, compatible avec une chute sur la voie publique.
La position de Facundo Moyano et les mesures judiciaires
Malgré la déclaration de la présumée victime, l'auxiliaire du procureur Julián Pistone, de l'Unité de flagrance Nord du MPF CABA (Ministère public fiscal de la ville de Buenos Aires), a validé la détention de Moyano. Le syndicaliste est inculpé pour coups et blessures légères et privation illégitime de liberté dans un contexte de violence de genre, dans un dossier confié au Tribunal correctionnel n°4, actuellement sous la responsabilité de la magistrate Julia Correa.
Des sources proches de l'affaire ont confirmé que Moyano a refusé de se soumettre à des prélèvements sanguins et urinaires pour détecter d'éventuelles substances stupéfiantes dans son organisme. Son avocat, Juan Pablo Fioribello, s'est présenté au commissariat du 13A. De son côté, l'avocat d'Arizaga, Diego Storto, a indiqué que sa cliente se rétablit et qu'il évaluera la possibilité d'une déposition complémentaire.
Prochaines étapes de l'enquête
Le parquet a demandé une perquisition de l'appartement de Moyano, situé au 5400 de l'avenida del Libertador, dans le quartier de Belgrano, là où l'incident a débuté. Ce domicile est actuellement sous scellés policiers. En outre, l'Équipe d'intervention domiciliaire (EDID) du Ministère public fiscal a été requise pour entendre la victime.
Selon le dossier, le code de procédure de Buenos Aires accorde au parquet 24 heures (prolongeables de 24 heures supplémentaires) pour rassembler les preuves avant l'audience de notification des faits. Lors de cette audience, il sera décidé si Moyano est remis en liberté, soumis à des restrictions ou placé en détention provisoire.
Contexte pour les lecteurs internationaux : Facundo Moyano, fils de l'ancien leader syndical Hugo Moyano, a été député national de 2015 à 2019. Le quartier de Belgrano est un secteur résidentiel aisé du nord de Buenos Aires. Le SAME est l'équivalent du SAMU en France, assurant les urgences médicales dans la capitale argentine.