Le gouvernement de Javier Milei pousse pour l'indépendance de la Banque centrale tout en cherchant à redresser l'économie. En parallèle, le conflit diplomatique avec le Brésil s'intensifie et l'opposition prépare sa stratégie pour 2027.

Un nouveau cap politique et économique

L'administration de Javier Milei traverse une phase de décisions cruciales, avec un œil sur la stabilité macroéconomique et la recherche de consensus législatifs. Ces dernières heures, le projet de réforme de la Charte organique de la Banque centrale de la République argentine (BCRA) a pris de l'importance, visant à consolider l'autonomie monétaire et à interdire le financement du Trésor national.

Réforme de la BCRA : vers un mandat unique

Le gouvernement a envoyé au Congrès un ensemble de lois pour protéger la BCRA. L'initiative propose de remplacer les objectifs multiples mis en place en 2012 par un mandat unique de préservation de la valeur de la monnaie et de la stabilité financière. De plus, l'émission de Lettres non transférables serait interdite, et une majorité des deux tiers dans les deux chambres serait requise pour destituer les dirigeants, garantissant ainsi leur indépendance institutionnelle.

Selon des analystes de marché, cette mesure obligerait l'État à maintenir une discipline budgétaire plus stricte et séparerait clairement la politique monétaire de la politique financière, une étape fondamentale pour une croissance durable.

Tension diplomatique avec le Brésil

Les relations avec le Brésil restent au centre de l'attention. Le président Javier Milei a de nouveau répliqué aux critiques contre Luiz Inácio Lula da Silva, cette fois en partageant un message du congressiste républicain américain Carlos A. Giménez, qui a qualifié le président brésilien de termes désobligeants.

La crise diplomatique, déclenchée le 25 juillet 2026, a conduit au départ de l'ambassadeur argentin Daniel Raimondi de Brasilia, laissant María Emilia Cortés à la tête de la représentation. Malgré les différences politiques, la relation bilatérale maintient un volume commercial de 31 milliards de dollars américains enregistré en 2025.

Défis au Congrès et regard vers 2027

Le gouvernement fait face à un paysage législatif complexe. Le 7 août 2026, le Sénat a donné une approbation partielle à la Loi sur l'inviolabilité de la propriété privée, mais a dû retirer les chapitres sur l'extranéisation des terres et la gestion des incendies après la pression des gouverneurs alliés et les manœuvres du péronisme, mené par des figures comme Sergio Massa et Wado de Pedro.

En vue des élections de 2027, La Libertad Avanza cherche à consolider une large coalition dans la province de Buenos Aires, en dialoguant avec le PRO et l'UCR. Cependant, l'ancien ministre Hernán Lacunza a affirmé que Mauricio Macri et une partie du PRO seraient décidés à présenter une alternative électorale propre pour affronter Milei.

Fonds routiers et équilibre budgétaire

Le porte-parole présidentiel, Adrián Raiver, a admis que le gouvernement consacre une partie des fonds du Système routier intégré (SisVial) pour atteindre l'équilibre budgétaire. Selon des rapports, entre 2024 et mai 2026, 1 503 252 millions de pesos argentins ont été collectés, mais seulement 26,2 % ont été exécutés dans des travaux routiers, retenant plus d'un billion d'ARS en investissements financiers.

Le gouvernement soutient que cette décision est temporaire et fondamentale pour stabiliser les comptes publics hérités, en priorisant l'assainissement budgétaire pour un futur décollage économique.

Le débat sur la consommation

La Confédération argentine de la petite et moyenne entreprise (CAME) a signalé une baisse de 3,8 % en glissement annuel des ventes au détail des PME en juillet 2026. L'échange avec le fondateur de Mercado Libre, Marcos Galperin, a mis en évidence le débat sur la transition du commerce physique au numérique.

La CAME a précisé que ses indicateurs ne contredisent pas la croissance du commerce électronique, car de nombreux petits commerces interrogés ne vendent pas sur des plateformes numériques, soulignant la nécessité de politiques qui accompagnent les deux secteurs.

Sources : La Nación | Infobae