Le chef de cabinet Diego Santilli et la secrétaire à l'Énergie María del Carmen Tettamanti reçoivent ce mardi les gouverneurs du Norte Grande pour avancer sur le projet de tarif différencié pour les régions à fortes chaleurs. Les discussions incluent aussi une réforme des zones froides qui pourrait toucher plus d'un million de foyers de la province de Buenos Aires.

Le gouvernement argentin franchit ce mardi une étape décisive dans les négociations avec les provinces du Norte Grande (Grand Nord) pour mettre en place un nouveau système de subventions énergétiques destiné aux régions où les températures sont extrêmement élevées. La réunion, prévue à 15h30 au ministère de l'Économie, sera menée par le chef de cabinet, Diego Santilli, et la secrétaire à l'Énergie, María del Carmen Tettamanti.

Seront présents les gouverneurs de Catamarca, Salta, Chaco et Jujuy, ainsi que des représentants d'autres provinces du NOA (Nord-Ouest argentin) et du NEA (Nord-Est argentin). Selon des sources de la chef de cabinet citées par Infobae, l'objectif principal est d'analyser les alternatives au projet de zones chaudes à l'approche des mois de plus forte consommation électrique due aux températures élevées.

Qu'est-ce que le projet de zones chaudes ?

Le projet de zones chaudes vise à créer un système de tarifs électriques différenciés par zone géographique, en fonction des températures moyennes de chaque région. L'initiative prévoit des réductions allant jusqu'à 50% sur les factures d'électricité pour les secteurs à faibles revenus dans les provinces du nord de l'Argentine, où l'utilisation de climatiseurs pendant une grande partie de l'année fait exploser la consommation énergétique.

Selon un fonctionnaire national, Chaco, Santiago del Estero et Corrientes seraient considérées comme des zones super chaudes et bénéficieraient d'un système propre. Cependant, il a précisé qu'il n'y aurait pas de tarif unique et que les détails du système de subventions selon la consommation sont encore en discussion.

Le contexte politique des négociations

Cette réunion intervient dans un contexte de virage du gouvernement vers une posture plus dialoguante avec les provinces, après les revers législatifs de la semaine dernière. La défaite au Sénat sur la Loi d'Inviolabilité de la Propriété Privée et les difficultés à réunir les volontés pour suspendre les PASO (élections primaires) ont conduit l'exécutif à rechercher des accords avec les gouverneurs provinciaux.

La rencontre a été convenue lors de la 24e Assemblée du Norte Grande, tenue lundi dernier à Posadas, dans la province de Misiones, en présence de dix gouverneurs du NOA et du NEA. Les gouverneurs y ont présenté un agenda large incluant l'accès aux infrastructures et au gaz naturel, la situation des routes nationales, l'inversion du gazoduc du nord, le tirant d'eau de la voie navigable et la préparation aux effets climatiques d'El Niño.

Le gouverneur de Corrientes, Juan Pablo Valdés, a souligné la nécessité d'étendre le réseau de gaz : « Cela nous donnerait plus d'égalité », a-t-il déclaré, notant que Corrientes, comme Chaco et Misiones, n'a pas accès au gaz. « Dans le Norte Grande, il y a un manque d'infrastructures de gaz, d'électricité et de routes », a-t-il résumé.

La réforme des zones froides : le point le plus sensible

Derrière le débat énergétique se cache une négociation politique plus vaste. L'exécutif national cherche à obtenir le soutien des gouverneurs pour avancer sur la réforme du régime des zones froides, un système qui subventionne actuellement la consommation de gaz dans différentes régions du pays, dont 94 municipalités de la province de Buenos Aires.

La proposition du gouvernement vise à maintenir les subventions, mais avec une portée plus limitée, afin de réduire les dépenses publiques consacrées à ce programme, qui a représenté l'année dernière une dépense proche de 250 milliards de pesos.

Impact sur la province de Buenos Aires

Selon les estimations diffusées, environ 1 240 000 foyers répartis dans 94 municipalités de la province de Buenos Aires pourraient être exclus du régime actuel. Ce chiffre représente près de 20% du total des usagers de la province.

Si les changements proposés étaient approuvés, les factures de gaz pourraient augmenter de 40% à 100%, selon chaque situation particulière. De plus, ceux qui resteraient dans le système de subventions pourraient également voir leurs réductions actuelles modifiées.

Ce que le gouvernement attend des gouverneurs

Depuis la Casa Rosada (siège de la présidence), on précise que cette dynamique de co-élaboration avec les provinces ne s'étendra pas nécessairement à tous les sujets, mais on reconnaît que l'unilatéralité avec laquelle certaines normes sont élaborées génère des retards et des frictions évitables au Congrès. « Nous n'allons pas dire et faire n'importe quoi, l'idée est que la réglementation fonctionne bien ensuite », tel est le message que le gouvernement a transmis aux gouverneurs du nord.

Le projet de zones chaudes s'articule avec le débat législatif sur la modification du régime des zones froides, qui a reçu l'approbation de la Chambre des députés et attend son examen au Sénat. Le parti au pouvoir cherche à obtenir des soutiens pour garantir l'adoption des deux initiatives, dans une négociation qui pourrait redéfinir la carte des subventions énergétiques dans tout le pays.

La réunion de ce mardi sera déterminante pour savoir si les gouverneurs du nord soutiendront la réforme des zones froides en échange d'avancées concrètes sur le projet de zones chaudes, dans une année électorale où chaque accord politique compte.