Journée clé à la Casa Rosada : coordination politique et agenda papal
Ce mardi 18 août 2026, le gouvernement national a activé une journée politique de haute intensité. La secrétaire générale de la Présidence, Karina Milei, a convoqué la table politique du parti au pouvoir pour réorganiser l'agenda législatif « urgent » et évaluer les initiatives de dérégulation impulsées par le ministre Federico Sturzenegger. Ce conclave, qui a débuté à 13 heures à la Casa Rosada, cherche à éviter de nouveaux revers au Congrès, notamment après l'échec de la Loi d'Inviolabilité de la Propriété Privée au Sénat et pendant les négociations avec le PRO sur l'élimination des PASO (élections primaires ouvertes).
Dans l'après-midi, à 17 heures, Karina Milei elle-même présidera la première réunion interdisciplinaire pour organiser la visite du Pape Léon XIV en Argentine, prévue du 8 au 11 novembre. Des ministres du Cabinet, notamment ceux liés à la sécurité, ainsi que des fonctionnaires du gouvernement de la Ville de Buenos Aires y participeront. Côté Église catholique, l'archevêque de Buenos Aires, Monseigneur Jorge García Cuerva, et les prêtres Matías Taricco et Máximo Jurcinovic assisteront à la réunion. L'opération définira les coupures de rues et les dispositifs de sécurité pour la caravane papale.
Le gouvernement cherche un consensus fédéral pour les zones chaudes
En parallèle, le ministre de l'Économie, Luis « Toto » Caputo, et le chef de cabinet, Diego Santilli, ont reçu des gouverneurs et des équipes techniques du Norte Grande (région du nord argentin) pour analyser des alternatives qui prennent en compte la consommation d'énergie plus élevée pendant les mois de fortes chaleurs. La réunion, convenue la semaine dernière à Posadas, a vu la participation des gouverneurs de Catamarca, Salta, Chaco et Jujuy, et vise à progresser dans la recherche d'une réponse pour les « zones chaudes ».
Excédent budgétaire et réponses du porte-parole
Le ministère de l'Économie a annoncé que juillet s'est soldé par un excédent financier de 244 897 millions de pesos, après avoir enregistré un excédent primaire de 2 960 333 millions de pesos et un paiement d'intérêts de la dette de 2 715 436 millions de pesos. Le ministre Caputo a souligné que ce résultat a été atteint « lors d'un mois avec une forte concentration d'échéances d'intérêts de la dette, étant donné le paiement des coupons des obligations Globales et Bonares ».
Lors de sa huitième conférence de presse, le porte-parole présidentiel Adrián Ravier a répondu aux spéculations sur la santé de Javier Milei après ses 9 jours sans agenda public. « Le Président va bien, il a prononcé un excellent discours hier », a-t-il affirmé, qualifiant ces rumeurs d'« absurdes » et « électoralistes ». Il a également confirmé que « la tronçonneuse ne s'éteindra pas » et s'est montré confiant quant à une réélection « dès le premier tour » lors des élections de 2027.
« Nous nous imaginons réélus dès le premier tour », a souligné Ravier, dans une déclaration qui vise à consolider le récit officiel en vue de l'année électorale.
Sécurité : minimums historiques et arrestation d'un ancien conseiller
En matière de sécurité, Ravier a souligné que les homicides volontaires ont baissé de 10 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période de l'année dernière, avec 738 victimes contre 822 en 2025. Comparé au premier semestre 2023, la réduction atteint 41 %, consolidant l'Argentine comme le pays avec le taux d'homicides le plus bas d'Amérique latine et des Caraïbes.
La journée a également été marquée par l'arrestation de Fernando Cerimedo, ancien conseiller de Javier Milei, à l'aéroport de Viru Viru, en Bolivie, accusé d'être le principal suspect de l'attaque par balles contre son ex-compagne, l'avocate Nadia Beller. L'affaire provoque une onde de choc politique et médiatique, tandis que la vice-présidente Victoria Villarruel a répondu sur les réseaux sociaux avec un message énigmatique.
Le péronisme réagit et les sondages sonnent l'alarme
Côté opposition, le gouverneur de La Rioja, Ricardo Quintela, a relancé les « Chachos », une quasi-monnaie provinciale, ce qui a provoqué une réponse cinglante de Milei sur les réseaux : « Plan Platita 2.0 » et « recette pour l'esclavage ». Pendant ce temps, les sondages continuent de montrer une détérioration de l'image officielle : 61 % désapprouvent la gestion et 57 % pensent que le pays s'est aggravé, selon une étude de l'Université de San Andrés.
La semaine se poursuivra avec la marche de la CGT (Confédération Générale du Travail) et des organisations sociales au ministère de l'Économie jeudi 20 août, et culminera avec le discours de Milei à la Bourse de Commerce de Rosario vendredi.