Le président du Chili, José Antonio Kast, a réaffirmé ce 3 septembre 2026 le soutien de son pays aux droits légitimes de souveraineté de l'Argentine sur les îles Malouines, Géorgie du Sud, Sandwich du Sud et les espaces maritimes environnants. Cette confirmation a eu lieu lors d'une réunion bilatérale avec le président argentin Javier Milei au Palais de La Moneda, à Santiago du Chili, qui a duré environ 40 minutes et a marqué la troisième rencontre bilatérale entre les deux dirigeants cette année.
Selon le média Los Andes, Kast a également souligné la nécessité de reprendre les négociations entre l'Argentine et le Royaume-Uni pour parvenir à une solution pacifique et définitive, conformément aux résolutions de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et aux forums régionaux et multilatéraux. Ce soutien marque un contraste historique avec la position de la dictature d'Augusto Pinochet, qui en 1982 avait soutenu le Royaume-Uni pendant la guerre des Malouines.
La demande de Milei et le détroit de Magellan
Lors de la rencontre, Milei a remercié le soutien traditionnel du Chili sur la question des Malouines et a demandé des efforts pour éviter les activités logistiques illégales unilatérales dans la zone contestée, comme l'exploration et l'exploitation d'hydrocarbures et la pêche sans autorisation argentine. Dans ce contexte, les deux présidents ont reconnu la souveraineté du Chili sur l'ensemble du détroit de Magellan, dont le régime juridique est établi par le Traité de limites de 1881 et le Traité de paix et d'amitié de 1984, tous deux pleinement en vigueur.
Cette déclaration est d'autant plus pertinente que, 10 jours plus tôt, le chef de la Force aérienne argentine, Gustavo Valverde, avait créé des tensions diplomatiques en évoquant le détroit. Kast, lors d'une visite à Punta Arenas, avait été catégorique : « L'Argentine n'a pas et n'aura jamais la souveraineté ni le contrôle sur le détroit de Magellan ». La réunion à La Moneda a permis de dissiper toute spéculation et de réaffirmer la coopération bilatérale.
Rencontre avec Sarah Rogers et déclarations de Trump
Dans le cadre de sa visite au Chili, Milei a également rencontré la sous-secrétaire d'État à la Diplomatie publique des États-Unis, Sarah Rogers, au centre d'événements San Carlos de Apoquindo, à Santiago. Le chancelier Pablo Quirno et la secrétaire générale de la Présidence, Karina Milei, ont participé à cette rencontre. Les sujets abordés n'ont pas été divulgués, mais cela se produit dans un contexte de déclarations du président américain Donald Trump, qui a suggéré un possible changement de position de Washington sur les Malouines : « Je revois toujours toutes les positions, ce n'est qu'une parmi tant d'autres », a-t-il déclaré à la Maison-Blanche.
Milei a qualifié la revendication des Malouines de cause « la plus importante et la plus sacrée » des Argentins et, en août, il avait indiqué que l'alliance avec les États-Unis était la « clé » pour récupérer les îles. Cependant, l'ambassadeur américain à Buenos Aires, Peter Lamelas, a exclu un changement de politique de Washington, qui est historiquement restée neutre dans ce différend.
Allocution nationale et mesures sur les Malouines
Le même jour, Milei a enregistré une allocution nationale à la Casa Rosada, entouré de son cabinet complet, de la ministre de la Sécurité Patricia Bullrich et du président de la Chambre des députés, Martín Menem. Dans un message d'environ 15 minutes, il a annoncé un ensemble de mesures sur les Malouines, notamment :
- Un décret réglementaire, un projet de loi et un DNU (décret d'urgence).
- Des sanctions contre les entreprises opérant aux Malouines sans autorisation argentine.
- La construction d'une base navale en Terre de Feu.
- L'envoi d'un projet de loi au Congrès la semaine prochaine.
Ces mesures visent à renforcer la position argentine face au Projet Sea Lion, une initiative pétrolière offshore menée par la britannique Rockhopper Exploration et l'israélienne Navitas Petroleum, qui prévoit d'exploiter des hydrocarbures dans les eaux proches de l'archipel.
Autres sujets bilatéraux
L'agenda entre les deux pays a été vaste et a couvert de nombreux domaines de coopération :
| Thème | Accord |
|---|---|
| Sécurité | Engagement envers l'Accord régional de Santiago contre la criminalité organisée ; coopération contre le narcotrafic, le terrorisme et la criminalité transnationale. |
| Extradition | L'Argentine s'est engagée à avancer sur la détention et l'extradition de Galvarino Apablaza, accusé de l'assassinat du sénateur chilien Jaime Guzmán. |
| Mines | Approbation de protocoles additionnels du Traité d'intégration et de complémentarité minière. |
| Énergie | Complémentarité énergétique ; l'Argentine comme fournisseur de gaz et de pétrole. |
| Commerce | Modernisation des postes-frontières. |
| Antarctique | Reconnaissance mutuelle des droits, co-gestion des zones protégées, patrouille navale antarctique combinée (plus de 25 ans) et proposition conjointe d'aire marine protégée dans la péninsule Antarctique occidentale. |
La visite de Milei au Chili s'inscrivait dans sa participation comme orateur au Forum de Madrid, organisé par la Fondation Disenso, et il était accompagné de Karina Milei et Pablo Quirno. La rencontre bilatérale a montré clairement que, malgré les différences historiques, la relation entre l'Argentine et le Chili traverse une période de forte coopération et de compréhension mutuelle.