01/07/2026 18:15 - Politica
L'arrivée de Diego Santilli à la tête du Cabinet ministériel représente bien plus qu'un simple changement de nom dans l'organigramme gouvernemental. Selon les analyses officielles, le Gouvernement redéfinit sa stratégie en vue des élections de 2027, laissant de côté le discours fondateur « anti-caste » pour se concentrer sur des résultats économiques concrets et des accords politiques.
À la Casa Rosada (siège du gouvernement argentin), on reconnaît que le « projet original est déjà mort » et que le pouvoir devra organiser sa campagne sur de nouvelles directives moins disruptives et plus ancrées dans la prévisibilité.
Ce changement implique une perte de centralité des initiatives liées à la lutte contre les « privilèges de la politique », comme la réforme de la Loi sur l'Éthique Publique. L'accent se déplace vers :
« Comme le macrisme », reconnaissent des secteurs officiels pour décrire le nouveau cadre, bien qu'ils précisent que cela ne signifie pas un alignement politique avec l'ancien président Mauricio Macri.
La réorganisation électorale établit des rôles plus clairs :
| Responsable | Fonction |
|---|---|
| Karina Milei | Organisations nationales et provinciales avec Eduardo « Lule » Menem et Martín Menem |
| Santiago Caputo | Conseiller électoral auprès de Javier Milei, sans intervention provinciale |
| Diego Santilli | Relations avec les gouverneurs, législateurs et agenda parlementaire |
| Patricia Bullrich | Négociation au Sénat et organisation territoriale |
La Casa Rosada reconnaît maintenant être plus proche d'ouvrir une négociation à Buenos Aires (la capitale fédérale argentine) et de réorganiser le lien avec Patricia Bullrich sur de nouvelles bases. La sénatrice a accumulé un pouvoir de négociation grâce à son rôle au Sénat, son autonomie face au cas Adorni et la nécessité gouvernementale d'éviter de nouvelles fractures.
« Nous allons devoir nous arranger avec Patricia. En interne, tout le monde le sait »
Ce nouveau scénario rend Bullrich plus difficile à limiter que ce qui était prévu initialement dans l'organisation « kariniste ».
Le nouveau porte-parole présidentiel Adrián Ravier a marqué une différence visuelle et discursive avec Manuel Adorni. Sa première conférence s'est concentrée sur la défense du programme économique, la baisse de l'inflation et les données de gestion.
« Javier a demandé que tout soit économique », exprime-t-on à l'Exécutif. Le bilan interne a été positif : « Approuvé », répondent les sources gouvernementales sur sa performance initiale.
La nouvelle scénographie, l'utilisation de diapositives et le ton plus technique visent à marquer une différence avec le style confrontational précédent.
« La première étape était d'ordonner. La deuxième doit être d'étendre »
Synthèse de la nouvelle approche gouvernementale
Santilli a assumé ses fonctions avec l'objectif de reconstruire le lien avec les alliés et de soutenir des accords permettant d'approuver des projets avant mars 2027. Parmi les sujets en discussion :
Le Gouvernement prévoit de concourir sous l'étiquette La Libertad Avanza (le parti de Milei) dans la majorité des provinces, bien que sans rompre les canaux de dialogue avec les mandants nécessaires pour approuver les lois. L'organisation élector sera similaire à celle de 2025 : concourir sans accord avec le pouvoir local dans une grande partie du pays et jouer avec plus d'intensité dans les districts avec une plus grande population et une infrastructure partisane.
L'idée est de négocier avec des gouverneurs qui pourraient concourir contre La Libertad Avanza dans leurs districts, évitant les affrontements directs et soutenant les votes de réformes.
L'arrivée de Santilli s'inscrit dans une série de départs qui ont modifié le projet original : Nicolás Posse, Guillermo Francos, Guillermo Ferraro et Manuel Adorni. Les noms qui restent depuis la première étape sont Karina Milei, Santiago Caputo et les Menem, bien qu'avec des fonctions différentes et un équilibre interne de plus en plus pragmatique.
Alfredo S. Quiroga