La série « Moria » débarquée sur Netflix le week-end dernier (15-16 août) a ressuscité une légende urbaine argentine : la fureur de la diva Moria Casán, 80 ans, dans un restaurant de Mar del Plata en 2011. Entre « japaleta » (jambon bas de gamme) et cidre chaud servi en guise de champagne, Moria avait qualifié l'endroit de « tout berreta » (tout ringard). Récit d'une scène devenue culte et la version de la propriétaire.

Le week-end du 15 et 16 août 2026 a marqué un tournant pour les fans de télévision argentine : la sortie de la biopic « Moria » sur Netflix. La diva Moria Casán, âgée de 80 ans, est une figure emblématique du spectacle argentin, connue pour son franc-parler et son style flamboyant. Cette série, qui retrace sa vie, a immédiatement remis sous les projecteurs une anecdote hilarante et légendaire de 2011, liée à la ville balnéaire de Mar del Plata.

Une scène culte qui traverse les générations

Dans la série, la séquence se déroule après les débuts de l'actrice Sofía Gala dans le théâtre-bar « La Subasta » aux côtés de Fernando Peña. Mais dans la réalité, l'incident a eu lieu en novembre 2011. Moria venait de lancer la revue musicale « La revista de Buenos Aires » dans cette station balnéaire réputée (le "Mar del Plata" est à la fois un port et une destination estivale très prisée des Argentins).

Après le spectacle, la diva et son équipe se sont rendues dans un restaurant situé à l'angle des rues Rodríguez Peña et Güemes. L'objectif : dîner tranquillement et recevoir la presse locale. Malheureusement, l'accueil ne fut pas à la hauteur de ses attentes. Sa colère, filmée par les caméras de télévision, est devenue virale à l'époque et est restée dans les mémoires.

« Comment peut-on être aussi berreta ? », a-t-elle lancé, avant d'ajouter : « Les gens qui reçoivent les artistes doivent comprendre qu'à la fin du spectacle, nous avons faim et nous ne voulons pas parler devant une bannière publicitaire. »

« Japaleta », « cidre chaud » : le vocabulaire de la discorde

Pour les non-Argentins, il est essentiel de comprendre ces termes. « Berreta » signifie ringard, bon marché, de mauvaise qualité. « Japaleta » est un morceau de viande de porc (souvent l'épaule), mais ici, Moria l'utilisait pour désigner un jambon de très faible qualité, servi en sandwich. Et pour couronner le tout, on lui a apporté une « sidra caliente » (du cidre chaud) au lieu d'une coupe de champagne.

« La propriétaire, qui est folle, ne voulait que la bannière. Quand nous sommes arrivés, il y avait des petits sandwichs carrés immondes qui n'étaient même pas au jambon, c'était de la japaleta. Tout est berreta, tout est berreta. Comment pouvez-vous nous donner de la farine après une représentation ? Vous êtes une vache ? », a-t-elle tonné.

La version de la propriétaire, Analía

La gérante du lieu, Analía, a donné sa propre version des faits. Selon elle, l'accord initial prévoyait un dîner gratuit pour 100 personnes en échange de la promotion du restaurant par Moria dans les médias. Cependant, « il y a eu une désorganisation avec la presse », a-t-elle expliqué. Moria n'aurait pas voulu se lever pour faire les interviews et n'aurait jamais mentionné le nom de l'établissement.

La note, selon Moria, s'est avérée être « une fortune » pour quelque chose qui « ne valait pas 100 pesos » (la monnaie argentine). Cette confrontation est devenue un classique de la culture pop argentine, illustrant parfaitement le caractère impétueux de la « One » (son surnom).

Aujourd'hui, la série « Moria » est disponible sur Netflix et offre aux spectateurs du monde entier un aperçu de la vie de cette artiste hors normes. Cette anecdote du « tout berreta » n'est qu'un des nombreux moments savoureux retracés dans la production, qui continue de faire parler d'elle.

Source : 0223.com.ar