Le 22 août 2026, plus de 102 anciens diplomates – dont 50 ambassadeurs du Royaume-Uni et 52 de France – ont publié une lettre adressée au président français Emmanuel Macron et au Premier ministre britannique Andy Burnham. Le texte, transmis au The Guardian et au Le Monde, accuse Israël de mettre en œuvre une « purification ethnique » dans les territoires palestiniens occupés, notamment à Gaza.
Cette initiative marque un tournant diplomatique historique : jamais une telle coalition de hauts responsables européens n’avait usé d’un langage aussi frontal pour demander des sanctions contre l’État hébreu.
Les accusations : un constat alarmant
La lettre affirme que « rien ne justifie la politique systématique de destruction de Gaza et de sa population ». Les signataires visent directement le gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu, qu’ils accusent de tenter de « briser toute espérance d’un État palestinien indépendant ». Ils notent que cette politique méprise la loi internationale, les décisions de la Cour internationale de Justice (CIJ) et les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
Le texte souligne que « le monde ne voit plus Israël comme une démocratie véritable » et que « il n’y a rien de démocratique à priver des gens de leurs droits et de leur terre ». Dans la bande de Gaza, environ 2 millions de Palestiniens vivent confinés sur les 30 % de leur territoire dévasté, sans accès à la nourriture, aux médicaments ni à des logements décents.
Des preuves chiffrées
- Plus de 1 200 Palestiniens tués depuis le début de la trêve évoquée par les médias.
- Des milliers de maisons détruites.
- En Cisjordanie, la violence croissante des colons et la complicité de l’armée israélienne qualifiée de « purification ethnique ».
Qui sont les signataires ?
Ils ont été ambassadeurs dans des pays comme l’Égypte, l’Iran, Bahreïn, Israël, la Syrie, la Turquie, le Koweït, l’Arabie saoudite et le Qatar.
- Jeremy Greenstock et Emyr Jones Parry, anciens représentants du Royaume-Uni à l’ONU.
- Edward Chaplin, ancien directeur Moyen-Orient du Foreign Office.
- Du côté français, Patrice Paoli et Stanislas de Laboulaye.
Sept mesures d’urgence pour appeler à la responsabilité
Les diplomates demandent à la France et au Royaume-Uni d’adopter des actions concrètes afin de contraindre Israël à respecter le droit international :
| N° | Mesure |
|---|---|
| 1 | Se conformer aux arrêts de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale. |
| 2 | Suspendre les accords commerciaux (UE-Israël et Royaume-Uni-Israël) en raison des violations des droits humains. |
| 3 | Interdire les transferts d’armes et la coopération militaire avec Israël. |
| 4 | Permettre l’accès libre à l’aide humanitaire à Gaza, coordonnée par l’UNRWA et d’autres agences de l’ONU. |
| 5 | Interdire le commerce avec les colonies, y compris les investissements et les services financiers. |
| 6 | Prévenir les entrepreneurs du projet de colonie E1 de conséquences sur leurs intérêts en Europe. |
| 7 | Criminaliser l’achat de terres palestiliennes par des ressortissants français ou britanniques et retirer les avantages fiscaux à des organisations finançant les colonies. |
Ces exigences visent à mettre en avant une force de dissuasion économique et politique, un préalable à toute reprise de négociations équitables.
Contexte et réactions immédiates
Cette lettre survient alors que Israël a lancé un appel d’offres pour 1 200 logements dans le projet E1, un quartier de colonisation situé en Cisjordanie. Ce projet menace gravement la continuité territoriale palestinienne. Le ministre des Affaires étrangères britannique, Ed Miliband, a convoqué l’ambassadrice israélienne Daniela Grudsky Ekstein pour protester. Il a qualifié cette démarche d’« entièrement destructrice » pour la solution à deux États.
En contrepoint, le chef de la diplomatie israélienne, Gideon Sa’ar, a répliqué : « Le peuple juif a le droit de vivre dans tout Israël, comme les Britanniques ont le droit de vivre dans tout le Royaume-Uni ». Cette rhétorique contraste avec les appels de la communauté internationale, y compris les dernières propositions de paix en 15 points portées par Washington.
Les ex-diplomates insistent sur le fait que la reconnaissance de l’État de Palestine, réalisée par Paris et Londres en 2025, reste purement symbolique. Ils réclament que cette reconnaissance soit concrétisée dans la réalité des citoyens palestiniens. Un appel à la réunification de Gaza et de la Cisjordanie, avec des élections démocratiques, est également mentionné.
Enfin, la lettre invite les deux puissances à soutenir cette action urgente avant les prochaines élections israéliennes prévues le 27 octobre, un moment charnière pour l’avenir du conflit.
Pourquoi cela compte-t-il pour le public international ?
Ce n’est pas seulement une histoire entre Britanniques et Français : c’est un appel à une responsabilité partagée, visant à redonner sens à la multilatéralité. Pour les observateurs, cette lettre a été un ultime signal : les traditions diplomatiques discrètes cèdent désormais la place à des prises de position publiques percutantes pour éviter un basculement irréversible.
Des sources ont été communiquées par The Guardian et Le Monde le 22 août 2026.