Un fait divers qui émeut l'Argentine : un enfant de seulement 2 ans est arrivé à son centre de la petite enfance avec un portefeuille contenant 71 sachets de chlorhydrate de cocaïne conditionnés pour la revente. Ce qui semblait être une erreur domestique a mis au jour un possible réseau de narcotrafic de quartier, impliquant les parents du garçon, désormais arrêtés.
La découverte dans la Salle Orange
Les faits se sont produits le mardi 18 août au Centre de Soins de la Petite Enfance du quartier Ampliación Cabildo, dans le sud de la ville de Córdoba. Une jeune femme de 21 ans avait déposé ses deux enfants dans l'établissement : le garçon de 2 ans a été intégré à la Salle Orange, tandis que sa sœur de 3 ans restait dans la Salle Verte. À un moment donné, une enseignante a remarqué que l'enfant manipulait un portefeuille rose sur le tapis. En l'examinant pour le mettre de côté, elle découvre avec inquiétude qu'il contient 71 sachets de cocaïne semblant préparés pour la vente au détail.
La mère revient chercher le portefeuille
La mère, âgée de 21 ans, avait quitté le centre après avoir déposé ses enfants. Mais, quelques minutes plus tard, elle est revenue et a demandé que l'on lui restitue le portefeuille qu'elle aurait perdu. Les enseignantes, qui avaient déjà contacté les secours via le 911, ont refusé de lui donner. Des policiers de la Policía de Córdoba se sont rendus sur les lieux, ont arrêté la femme et ont sollicité l'intervention de la Force de police anti-narcotiques (FPA) pour la saisie du produit.
L'argument surprenant de la mère
Le ministre de la Sécurité de Córdoba, Juan Pablo Quinteros, a révélé la teneur de l'échange avec les médias locaux, dont TN : « La mère a demandé à l'enseignante de lui rendre le portefeuille, disant que c'était son moyen de donner à manger à ses enfants ». Il a ajouté que les deux petits sont désormais sous la garde de leur grand-mère et a dénoncé une « dégradation sociale généralisée ».
« Si l'enfant avait ingéré un de ces sachets, on serait face à une situation bien plus tragique ».
Le père arrêté aussi
Le dossier s'est enrichi d'un nouvel épisode. Ce mercredi 19 août, la FPA a effectué une perquisition dans le Manzana 34 du même quartier Ampliación Cabral, au cours de laquelle un homme de 22 ans a été appréhendé : il s'agit du père du garçon. Les forces de l'ordre ont saisi plusieurs doses de cannabis et d'autres objets liés à l'enquête. Le prévenu, gardé à vue, a été transféré au Bureau du procureur de lutte contre le narcotrafic, qui a ordonné sa mise en examen pour détention de drogue en vue de la vente, aggravée par le fait d'impliquer un mineur.
Tolérance zéro
Le ministre Quinteros a fermement condamné l'affaire : « Il y a des lignes rouges à ne jamais franchir, et l'enfance est l'une d'elles. Le micro-narcotrafic dans un centre de soins pour enfants dépasse largement le cadre de la sécurité. Tolérance zéro pour quiconque implique un enfant dans le trafic. » Il a aussi rendu hommage au courage des éducatrices : « Leur formation et leur engagement ont permis de prendre l'affaire au sérieux. Ils ont su agir vite et bien. »
Le parquet provincial de la province de Córdoba va poursuivre l'enquête afin de déterminer si les parents faisaient partie d'un réseau plus vaste de revente de drogue au détail.