Au cours de l'audience de ce jeudi 20 août 2026 dans le cadre du procès des carnets de la corruption, un dirigeant de Techint a nié avoir eu connaissance de demandes d'argent de la part de fonctionnaires argentins ou vénézuéliens, mais a reconnu que le kirchnerisme est intervenu dans les négociations pour la nationalisation de Sidor au Venezuela. Le témoin a fourni des détails sur les pourparlers qui ont conduit à une compensation économique.

Le témoignage de Pablo Brizzio au tribunal fédéral 7

Le directeur de Techint Pablo Brizzio a livré ce jeudi un témoignage qui a marqué les débats du procès des carnets (causa Cuadernos), une affaire qui examine des présumés pots-de-vin entre des fonctionnaires du gouvernement argentin et des entreprises pendant la présidence de Cristina Fernández de Kirchner. Il a fermement nié avoir eu connaissance de tout versement illégal, mais a reconnu que des fonctionnaires argentins ont joué un rôle clé dans les négociations sur la nationalisation de Sidor au Venezuela en 2008.

« Non, je n'ai jamais rien su de cela », a-t-il déclaré, répondant à une question du procureur Fabiana León concernant de prétendus paiements en argent.

L'ingénieur a expliqué qu'après l'achat de Sidor, plus d'une centaine de travailleurs argentins ont été envoyés au Venezuela. « C'était une compagnie qui n'était pas très bien gérée avant notre arrivée : elle produisait moins de deux millions de tonnes d'acier par an. Un des objectifs de la privatisation était qu'elle dépasse les 2,5 millions. Lors de la nationalisation, nous produisions plus de 4,5 millions de tonnes », a-t-il détaillé.

Une sortie difficile et le rôle du kirchnerisme

Il a également évoqué le climat houleux après la nationalisation : « Des graffitis "Fuera argentinos", des manifestations dans la ville où se trouvait l'entreprise, et même des intrusions dans les bureaux ». Les employés ont pu partir, mais non sans difficulté. Selon lui, la remise de l'usine a eu lieu fin juin 2008 et le processus a été long en raison de l'animosité du syndicat.

C'est dans ce contexte que les contacts politiques ont été délégués à Luis Betnaza, responsable des relations institutionnelles, et à Héctor Zabaleta, ancien directeur de Techint. Ces deux personnages ont été initialement inculpés dans l'affaire des carnets, mais ils ont été blanchis car la justice a estimé qu'ils agissaient pour des raisons « humanitaires », pour que les fonctionnaires du gouvernement argentin interviennent auprès de Hugo Chávez afin de permettre le départ des employés argentins.

Le rôle d'Olazagasti et les négociations

Brizzio a reconnu que José María Olazagasti, ancien secrétaire privé de Julio De Vido (ministre de la Planification fédérale), a participé aux discussions pour la compensation. Il a affirmé que cette « saine gestion » a été réussie : on a évité le tribunal international du CIADI et on a abouti à un accord économique. Cependant, il a été catégorique : aucun argent n'a été demandé.

L'audience a commencé avec une objection de la défense d'Olazagasti pour limiter les questions, mais le tribunal l'a rejetée. L'avocat Marcos Aldazábal a défendu que le témoin puisse répondre, tandis que la procureure Fabiana León s'y opposait. Le président du tribunal, Enrique Méndez Signori, a finalement permis que Brizzio déclare.

Les carnets de Centeno et le contexte de l'affaire

Dans les « carnets » du chauffeur Oscar Centeno, on recense huit épisodes présumés de pots-de-vin et des contacts de directeurs de Techint avec Roberto Baratta, ancien fonctionnaire de la Planification, qui lui est accusé. Les montants totalses oscillent entre 15 et 20 millions de pesos (environ 4 à 5 millions de dollars actuels). Le procès concerne 86 accusés, dont Cristina Fernández de Kirchner, considérée comme cheffe d'une association de malfaiteurs, et de nombreux anciens fonctionnaires et entrepreneurs.

La séance de ce jeudi a commencé à 9 heures. Quatre témoins étaient attendus, mais le parquet a retiré trois d'entre eux. Seul Brizzio est resté. La prochaine étape est la déclaration de Betnaza et Zabaleta, prévue pour le mardi 25 août 2026.

Ce témoignage est essentiel pour comprendre la mécanique de corruption systématique qui est jugée dans cette affaire retentissante, dont les détails continuent de surgir lors des débats oraux.

Source : Infobae