Le président argentin Javier Milei a réapparu lundi lors des commémorations du 176e anniversaire de la mort du général San Martín, après neuf jours sans activité publique. Selon des sources proches du gouvernement, il aurait profité de cette retraite pour terminer son livre et préparer une série d'événements internationaux majeurs.

Le mystère des neuf jours de Milei à Olivos

Le président Javier Milei est resté confiné à la Quinta de Olivos, la résidence présidentielle située dans la banlieue nord de Buenos Aires, pendant neuf jours sans aucune apparition publique. Cette absence a alimenté toutes sortes de spéculations sur sa santé et son état d'esprit. Selon les informations rapportées par le média économique Ámbito, le chef de l'État était loin d'être inactif : il aurait consacré son temps à finaliser son livre « La Moral como política de Estado » (La morale comme politique d'État) et à préparer ses discours pour les prochains actes officiels et voyages à l'étranger.

Le journaliste argentin Eduardo Feinmann a révélé sur la chaîne A24 qu'un ministre lui avait confié que Milei « était enfermé en train de terminer un livre, sans contact avec personne, sauf avec Karina Milei (sa sœur et secrétaire générale de la présidence), Santiago Caputo (conseiller stratégique), Toto Caputo (ministre de l'Économie) et Sturzenegger (ministre de la Dérégulation de l'État) ». Cette version coïncide avec les informations publiées par Ámbito, qui ajoute que le président a également commencé un nouveau livre autobiographique centré sur sa grande passion : l'économie.

« Il confie souvent à ses proches qu'il préfère travailler à la Quinta de Olivos parce qu'il n'y est pas autant interrompu et qu'il peut mieux travailler »

Source : Ámbito

Réapparition et démenti du gouvernement

Le lundi 17 août 2026, Milei a prononcé un discours lors de la cérémonie officielle marquant le 176e anniversaire de la mort du général José de San Martín, héros national de l'indépendance argentine, sur la Place San Martín dans le quartier de Retiro à Buenos Aires. Son allocution, d'environ 10 minutes, avait un ton résolument électoral, avec des critiques envers les « ennemis internes » (le kirchnerisme, courant politique péroniste de gauche) et « externes » (le président brésilien Lula), ainsi qu'une autocritique partielle sur la situation économique : « Si la liberté ne montre pas ses fruits... ».

Le porte-parole présidentiel, Adrián Ravier, a qualifié les rumeurs sur la santé du président de « spéculations absurdes » et de « lamentables opérations », assurant que Milei « se porte très bien ». Lors de sa conférence de presse du mardi, Ravier a confirmé la continuité de la politique d'austérité et affirmé que le gouvernement se voyait « réélu dès le premier tour » en 2027.

L'agenda immédiat du président

Après cette réapparition, l'agenda de Milei s'active à un rythme soutenu. Voici les prochaines échéances clés :

DateÉvénementLieu
20/08/2026Council of the Americas (23e édition)Hôtel Alvear, Buenos Aires
21/08/2026Conférence à la Bourse de CommerceRosario, province de Santa Fe
22/09 au 28/09Assemblée générale de l'ONUNew York, États-Unis
29/09 au 03/10Argentina WeekParis, France
14/10/2026Hispanic Heritage Gala (avec Donald Trump)Washington DC, États-Unis

Reconnaissance internationale à Paris

Dans le cadre de la Argentina Week à Paris, Milei sera honoré comme « économiste de l'année » aux côtés du prix Nobel Philippe Aghion. Les deux économistes donneront une conférence conjointe sur la croissance économique : Aghion présentera son livre « La destruction créatrice », tandis que Milei exposera son papier de recherche « Escala mínima viable: extinción y escape bajo rendimientos crecientes » (Échelle minimale viable : extinction et fuite sous rendements croissants), rédigé avec Damián Reidel.

Réunion clé avec l'Église

Le mardi 18 août 2026 à 17h00, se tiendra à la Casa Rosada (siège du gouvernement argentin) la première réunion formelle pour coordonner la visite du Pape Léon XIV en Argentine, prévue du 8 au 11 novembre 2026. Participeront des fonctionnaires nationaux, le gouvernement de la ville de Buenos Aires et des représentants de l'Église, dont l'archevêque Jorge García Cuerva. L'opération pourrait mobiliser jusqu'à 1 million de personnes.

Contexte politique et social

La réclusion de Milei intervient dans un climat de mécontentement social croissant. Selon le sondage UdeSA (Université de San Andrés), 61% des Argentins désapprouvent la gestion présidentielle et 57% estiment que le pays s'est aggravé. Le retard de paiement financier (mora financiera) touche 5,3 millions de personnes, et le risque pays (indice de risque souverain mesuré par JP Morgan) dépasse les 480 points de base, un niveau élevé qui reflète la défiance des marchés.

Parallèlement, le gouvernement négocie avec le parti PRO (Propuesta Republicana, parti de centre-droit fondé par l'ancien président Mauricio Macri) une éventuelle coalition pour les élections de 2027. Le jeudi 13 août, Karina Milei a rencontré Mauricio Macri, et une réunion entre Santilli, Lule Menem, De Andreis et Ritondo a abouti à un accord pour des rencontres bimensuelles.

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