Le mystère des neuf jours de Milei à Olivos
Le président Javier Milei est resté confiné à la Quinta de Olivos, la résidence présidentielle située dans la banlieue nord de Buenos Aires, pendant neuf jours sans aucune apparition publique. Cette absence a alimenté toutes sortes de spéculations sur sa santé et son état d'esprit. Selon les informations rapportées par le média économique Ámbito, le chef de l'État était loin d'être inactif : il aurait consacré son temps à finaliser son livre « La Moral como política de Estado » (La morale comme politique d'État) et à préparer ses discours pour les prochains actes officiels et voyages à l'étranger.
Le journaliste argentin Eduardo Feinmann a révélé sur la chaîne A24 qu'un ministre lui avait confié que Milei « était enfermé en train de terminer un livre, sans contact avec personne, sauf avec Karina Milei (sa sœur et secrétaire générale de la présidence), Santiago Caputo (conseiller stratégique), Toto Caputo (ministre de l'Économie) et Sturzenegger (ministre de la Dérégulation de l'État) ». Cette version coïncide avec les informations publiées par Ámbito, qui ajoute que le président a également commencé un nouveau livre autobiographique centré sur sa grande passion : l'économie.
« Il confie souvent à ses proches qu'il préfère travailler à la Quinta de Olivos parce qu'il n'y est pas autant interrompu et qu'il peut mieux travailler »
Réapparition et démenti du gouvernement
Le lundi 17 août 2026, Milei a prononcé un discours lors de la cérémonie officielle marquant le 176e anniversaire de la mort du général José de San Martín, héros national de l'indépendance argentine, sur la Place San Martín dans le quartier de Retiro à Buenos Aires. Son allocution, d'environ 10 minutes, avait un ton résolument électoral, avec des critiques envers les « ennemis internes » (le kirchnerisme, courant politique péroniste de gauche) et « externes » (le président brésilien Lula), ainsi qu'une autocritique partielle sur la situation économique : « Si la liberté ne montre pas ses fruits... ».
Le porte-parole présidentiel, Adrián Ravier, a qualifié les rumeurs sur la santé du président de « spéculations absurdes » et de « lamentables opérations », assurant que Milei « se porte très bien ». Lors de sa conférence de presse du mardi, Ravier a confirmé la continuité de la politique d'austérité et affirmé que le gouvernement se voyait « réélu dès le premier tour » en 2027.
L'agenda immédiat du président
Après cette réapparition, l'agenda de Milei s'active à un rythme soutenu. Voici les prochaines échéances clés :
| Date | Événement | Lieu |
|---|---|---|
| 20/08/2026 | Council of the Americas (23e édition) | Hôtel Alvear, Buenos Aires |
| 21/08/2026 | Conférence à la Bourse de Commerce | Rosario, province de Santa Fe |
| 22/09 au 28/09 | Assemblée générale de l'ONU | New York, États-Unis |
| 29/09 au 03/10 | Argentina Week | Paris, France |
| 14/10/2026 | Hispanic Heritage Gala (avec Donald Trump) | Washington DC, États-Unis |
Reconnaissance internationale à Paris
Dans le cadre de la Argentina Week à Paris, Milei sera honoré comme « économiste de l'année » aux côtés du prix Nobel Philippe Aghion. Les deux économistes donneront une conférence conjointe sur la croissance économique : Aghion présentera son livre « La destruction créatrice », tandis que Milei exposera son papier de recherche « Escala mínima viable: extinción y escape bajo rendimientos crecientes » (Échelle minimale viable : extinction et fuite sous rendements croissants), rédigé avec Damián Reidel.
Réunion clé avec l'Église
Le mardi 18 août 2026 à 17h00, se tiendra à la Casa Rosada (siège du gouvernement argentin) la première réunion formelle pour coordonner la visite du Pape Léon XIV en Argentine, prévue du 8 au 11 novembre 2026. Participeront des fonctionnaires nationaux, le gouvernement de la ville de Buenos Aires et des représentants de l'Église, dont l'archevêque Jorge García Cuerva. L'opération pourrait mobiliser jusqu'à 1 million de personnes.
Contexte politique et social
La réclusion de Milei intervient dans un climat de mécontentement social croissant. Selon le sondage UdeSA (Université de San Andrés), 61% des Argentins désapprouvent la gestion présidentielle et 57% estiment que le pays s'est aggravé. Le retard de paiement financier (mora financiera) touche 5,3 millions de personnes, et le risque pays (indice de risque souverain mesuré par JP Morgan) dépasse les 480 points de base, un niveau élevé qui reflète la défiance des marchés.
Parallèlement, le gouvernement négocie avec le parti PRO (Propuesta Republicana, parti de centre-droit fondé par l'ancien président Mauricio Macri) une éventuelle coalition pour les élections de 2027. Le jeudi 13 août, Karina Milei a rencontré Mauricio Macri, et une réunion entre Santilli, Lule Menem, De Andreis et Ritondo a abouti à un accord pour des rencontres bimensuelles.