01/07/2026 07:43 - Internacionales
Ce pays d'Afrique australe, souvent appelé la « nation arc-en-ciel » pour sa diversité multiculturelle, traverse l'une de ses pires crises sociales depuis les violences de 2008. Les autorités ont déployé des unités policières massives pour prévenir les débordements liés aux manifestations planifiées contre les étrangers sans papiers.
March & March est un mouvement créé en mars 2025 qui réclame l'expulsion des immigrés clandestins d'Afrique du Sud. Dirigé par Jacinta Ngobese-Zuma, ce groupe a fixé symboliquement la date du 30 juin 2026 comme délai pour que les étrangers sans documents quittent le territoire.
Bien que ses dirigeants affirment ne pas prôner la violence, le climat d'intimidation a conduit de nombreux migrants, y compris ceux en situation régulière, à vivre dans la peur constante.
À savoir : Les manifestations ont touché les principales villes économiques du pays : Johannesburg (le centre financier), Durban (port majeur sur l'océan Indien) et Pretoria (capitale administrative).
L'Afrique du Sud, malgré être la deuxième économie d'Afrique après le Nigeria, fait face à un chômage endémique de 43,1%, l'un des plus élevés au monde. Cette situation économique difficile alimente les tensions entre la population locale et les migrants venus des pays voisins comme le Mozambique, le Malawi ou le Zimbabwe.
Des hommes armés de bâtons ont parcouru les quartiers commerciaux en scandant « abahambe » (« qu'ils partent » en zulu et xhosa, deux langues locales majoritaires), interrogeant et frappant les commerçants migrants à Johannesburg et Durban.
2008 : 62 personnes tuées dont 21 Sud-Africains. Plus de 150 000 déplacés internes.
2015 : Nouvelle flambée de violence xénophobe (au moins 5 morts).
Juillet 2021 : Plus de 350 morts après l'emprisonnement de l'ex-président Jacob Zuma.
Mai-Juin 2026 : Nouvelle vague de marches et violences anti-migrants.
Le président Cyril Ramaphosa avertit contre « l'anarchie et la violence » dans une allocution télévisée.
Il promet une répression plus ferme contre l'immigration illégale et la corruption aux frontières.
Rappel : Seuls les fonctionnaires sont autorisés à exiger la preuve de nationalité, pas les groupes d'autodéfense.
Les données du recensement 2022 indiquent que la population née à l'étranger a presque triplé, atteignant 2,4 millions sur 62 millions d'habitants (3,9%). Cependant, les organisateurs des protestations avancent des chiffres non vérifiés de 15 à 30 millions d'immigrés clandestins.
| Année | Événement | Bilan humain |
|---|---|---|
| 2008 | Émeutes anti-immigrés | 62 morts |
| 2015 | Vague xénophobe | 5+ morts |
| 2021 | Émeutes post-Zuma | +350 morts |
| 2026 | Opération March & March | 5+ (Mozambique) |
Plusieurs gouvernements africains dont le Nigeria, le Ghana, le Malawi et l'Ouganda ont organisé le rapatriement de centaines de leurs ressortissants avant le 30 juin. Des images ont circulé montrant des dizaines de Malawites campant dans le froid devant leur consulat à Johannesburg.
Témoignage d'un entrepreneur éthiopien installé depuis 2000 : « Chaque jour, les gens que je rencontre vivent dans une peur extrême. Le plus triste, c'est que ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas de papiers... Aucun document légal ne vous protégera de la violence. »
Sources : The Guardian (8 et 30 juin 2026), Reuters, Human Sciences Research Council, Lawyers for Human Rights.
Alfredo S. Quiroga