18/06/2026 18:34 - Internacionales
Mano marcando una papeleta electoral en una mesa de votación, bandera peruana de fondo.
Près de dix jours après que les Péruviens ont voté le 7 juin 2026 pour le second tour de l'élection présidentielle, le pays andin reste dans l'expectative. Le dépouillement a franchi le cap des 99%, et les chiffres révèlent une avance minime mais constante pour Keiko Fujimori, la candidate du parti de droite Fuerza Popular.
Selon les derniers résultats, Fujimori totalise 50,107% des voix, tandis que son rival Roberto Sánchez, du parti de gauche Juntos por el Perú, recueille 49,893%. L'écart se chiffre à peine à quelques dizaines de milliers de bulletins, une marge qui s'est légèrement élargie au fur et à mesure du comptage des votes des Péruviens de l'étranger.
Bien que les chiffres favorisent Fujimori, le Jurado Nacional de Elecciones (JNE) — l'équivalent péruvien d'une commission électorale nationale — a annoncé qu'il ne pourrait proclamer le gagnant avant la mi-juillet. La raison réside dans les nombreuses actas electorales impugnadas (procès-verbaux électoraux contestés) déposés par les deux camps, une stratégie courante lors de scrutins serrés pour contester la validité de certaines tables de vote.
Au Pérou, le vote est obligatoire pour les citoyens de 18 à 70 ans. Le système électoral prévoit un second tour entre les deux candidats arrivés en tête au premier tour. Les impugnations sont des recours formels permettant de contester les résultats d'une table de vote pour irrégularités présumées. Chaque recours doit être examiné individuellement avant la proclamation officielle.
Le Pérou connaît des élections présidentielles traditionnellement serrées. En 2021, Pedro Castillo avait battu Keiko Fujimori par seulement 0,25% des voix. Cinq ans plus tôt, en 2016, Fujimori avait perdu face à Pedro Pablo Kuczynski sur une marge encore plus mince de 0,24%.
Si elle l'emporte finalement, Keiko Fujimori accéderait à la présidence après trois tentatives infructueuses, devenant la neuvième personne à occuper ce poste en dix ans — une période marquée par une instabilité politique chronique où plusieurs présidents ont été destitués ou ont démissionné avant la fin de leur mandat.
Fille de l'ancien président Alberto Fujimori (1990-2000), elle dirige Fuerza Popular, un parti conservateur. Elle incarne la droite péruvienne et a fait campagne sur la sécurité et la lutte contre la criminalité.
Candidat de gauche du parti Juntos por el Perú, il représente les forces progressistes. Son programme met l'accent sur les questions sociales et la justice économique pour les populations défavorisées.
Cette élection est observée avec attention en Amérique latine. Le Pérou, troisième pays le plus peuplé d'Amérique du Sud avec environ 34 millions d'habitants, est un acteur économique majeur de la région. Son exportation de cuivre et ses ressources minières en font un partenaire commercial stratégique, notamment pour l'Argentine et les pays voisins.
La stabilité politique péruvienne reste un sujet de préoccupation régionale, car l'incertitude institutionnelle pourrait affecter les investissements et les accords commerciaux dans le bloc andin.
Source : BBC News Mundo
Alfredo S. Quiroga