La crise de l'endettement des ménages argentins
Dans un contexte d'explosion de l'endettement et des défauts de paiement des familles, le gouverneur de la province de Buenos Aires, Axel Kicillof, et le ministre de la Production, de la Science et de l'Innovation technologique, Augusto Costa, ont annoncé le 20 août 2025 une série de mesures pour protéger les utilisateurs de portefeuilles virtuels. Cette décision fait suite à des plaintes répétées pour abus et non-respect de la loi sur la défense du consommateur.
« Dans notre pays, la situation est extraordinairement grave : non seulement 60 % de la population adulte est endettée, mais environ 6 millions de personnes sont en situation de morosité et ne peuvent pas rembourser leurs dettes », a déclaré le gouverneur. Il a insisté sur le fait que ce n'est pas un problème entre particuliers, mais le résultat de la macroéconomie de Milei, où les familles ont vu leurs revenus chuter et ont dû recourir au crédit pour acheter de la nourriture, payer des médicaments et régler leur loyer.
L'enquête et les sanctions financières
Lors d'une conférence de presse, Augusto Costa a précisé qu'au premier semestre de l'année en cours, la Direction de la défense du consommateur a reçu 2 240 plaintes contre Mercado Pago, Naranja Digital, Ualá, Personal Pay, Brubank et Cencosud pour des infractions, du harcèlement et des pressions. Une procédure d'enquête a été ouverte et les entreprises ont été sommées de fournir des informations sur « les critères utilisés pour déterminer les taux d'intérêt et la composition réelle du coût financier total ».
« Les actions sont déjà en cours. En cas d'irrégularités démontrées, la réglementation prévoit des amendes allant jusqu'à 1,883 milliard de pesos et l'obligation de réparer les violations », a souligné le fonctionnaire.
Cette initiative intervient alors que le taux de morosité des ménages argentins a atteint 12,7% en juin, contre 2,5% il y a deux ans. On estime à 5,8 millions le nombre de personnes en retard de paiement, tandis que les crédits via fintech affichent des taux supérieurs à 150% annuels en coût financier total.
Critiques et contexte politique
La mesure a été prise alors que la CGT et les deux CTA (centrale des travailleurs) organisaient, le 20 août, une marche vers le ministère de l'Économie pour dénoncer l'endettement. Marina Alí, secrétaire à la politique sociale de l'ATE, a alerté sur un « risque d'explosion sociale » et réclamé une régulation des taux d'intérêt usuraires des portefeuilles électroniques.
De son côté, le gouverneur Kicillof a participé le 19 août à la normalisation de la CGT provinciale à Chaco, où il a été présenté comme « le futur président », selon un dirigeant de la santé.
Certaines voix critiques, comme le site La Izquierda Diario, contestent que Kicillof rejette toute la responsabilité sur le gouvernement national de Milei, tout en soulignant la dégradation du pouvoir d'achat des employés publics provinciaux et le taux de morosité élevé du BAPRO, la banque publique de la province, qui atteint 12%.
Les prochaines étapes
Les portes financières concernées ont maintenant l'obligation de présenter leurs défense. Si les infractions sont confirmées, les amendes seront prononcées. Cette action montre que la province de Buenos Aires tente de trouver des solutions face à un phénomène qui touche une grande partie de la population et suscite des inquiétudes croissantes.