Un retour historique
L'Argentine, pays d'Amérique du Sud, s'apprête à vivre un moment exceptionnel : la visite du pape Léon XIV, prévue du 8 au 11 novembre 2026. Ce sera la première fois depuis près de quatre décennies qu'un souverain pontife foulera le sol argentin. Selon LA NACION, cette décision transcende la diplomatie et propose une profonde invitation au reencuentro national.
Le voyage, qui inclura également l'Uruguay et le Pérou, marque la première tournée sud-américaine de ce pontificat. La nouvelle a suscité une grande attente et a contraint le gouvernement national et l'Église argentine à travailler ensemble, laissant de côté leurs différences en matière de politiques sociales.
Les coulisses de la visite
Pendant près de trois mois, le Saint-Siège, l'épiscopat et le gouvernement argentin ont travaillé discrètement pour concrétiser ce voyage tant attendu. Les principaux artisans de ce rapprochement sont le chancelier Pablo Quirno et l'archevêque de Mendoza, président de l'épiscopat, Monseigneur Marcelo Colombo.
Sur le plan opérationnel, le secrétaire au Culte, Agustín Caulo, qui s'est rendu au Vatican, ainsi que l'évêque Raúl Pizarro, le père Matías Tarico et le père Máximo Jurcinovic, ont passé des heures de réunions pour débloquer l'objectif. Un jalon fondamental a été l'arrivée à Buenos Aires du nouveau nonce apostolique (l'ambassadeur du Vatican), l'archevêque américain Michael Wallace Banach, le 22 juillet 2026, qui a apporté sa vaste expérience diplomatique.
Le sens de 'recevoir'
Comme le souligne Guillermo Marcó dans une chronique de Infobae, dans la tradition chrétienne, 'recevoir' n'est pas une action passive. Cela signifie faire de la place, ouvrir un espace pour que l'autre entre dans sa propre vie. Le défi de ces mois précédant novembre n'est pas seulement logistique, mais spirituel : disposer le cœur au dialogue et à l'écoute.
Logistique et financement : un effort partagé
Il reste 92 jours avant l'arrivée du pontife et le travail d'organisation est gigantesque. Le Saint-Siège établira les normes de sécurité et de proximité avec le public dans les trois diocèses qui composent l'itinéraire : Buenos Aires, Córdoba et Luján (l'idée de se rendre à Santiago del Estero étant écartée).
Pour financer l'organisation, les évêques argentins ont convenu de réaliser une 'collecte nationale impérative' pendant le week-end du 22 et 23 août 2026 dans toutes les célébrations religieuses. À titre de référence, le récent voyage du Pape en Espagne a coûté près de 25 millions d'euros, financé à 45% par des entreprises, 30% par l'Église, 20% par l'État et 5% par des collectes, générant également un impact économique touristique positif.
Un message d'unité et de justice sociale
Bien que le Pape doive rencontrer protocolairement le président Javier Milei, le centre de sa visite sera le peuple argentin. On s'attend à ce que le message de Léon XIV soit en parfaite harmonie avec l'agenda de la justice sociale et un rôle actif de l'État face aux inégalités, dans la lignée du pape François.
L'archevêque de Buenos Aires, Monseigneur Jorge Ignacio García Cuerva, a déjà alerté sur la nécessité de réponses pour les plus endettés, rappelant que 'la liberté économique ne peut pas être absolue'. Cependant, le climat général est à l'optimisme. Comme l'ont exprimé des sources ecclésiastiques, l'objectif commun est de recevoir le Saint-Père de la meilleure manière possible, ouvrant les portes à une parole qui invite à l'unité et au bien commun.