Le soutien du « Profe » au plan économique
Le ministre de l'Économie argentin, Luis Caputo, a mis en avant l'analyse de l'économiste Juan Carlos de Pablo concernant le programme économique mis en œuvre par le gouvernement de Javier Milei. Sur son compte officiel X (anciennement Twitter), Caputo a salué l'interprétation de l'expert avec un message sans équivoque : « Le Profe comprend tout, toujours ».
De Pablo, considéré comme l'un des économistes les plus influents de l'entourage présidentiel, a expliqué que l'exécutif cherche à renforcer sa position en dollars face à l'incertitude internationale et aux éventuelles restrictions du financement externe. Pour bien comprendre cette stratégie, il faut savoir que l'Argentine a une longue histoire de crises de change et que la stabilité monétaire reste une préoccupation majeure pour la population.
« Le pouvoir exécutif se rend compte que Trump sera un ami de Milei, mais nous ne savons pas exactement où il en sera en 2026. Mieux vaut ne pas dépendre de Wall Street, particulièrement en période électorale »
La métaphore de l'épicier
Dans ses déclarations, l'analyste économique a comparé la stratégie officielle à une attitude préventive face aux risques futurs. « Que font-ils ? Exactement ce que ferait quelqu'un qui pense qu'il va y avoir une inondation ce week-end : il achète trois litres d'eau au lieu d'un litre. C'est exactement ce qu'ils font », a-t-il illustré.
L'économiste a également souligné que l'administration nationale est en train de « profiter de l'opportunité pour acheter des dollars » et a mis en avant le bond spectaculaire de l'excédent commercial argentin : « L'année dernière, l'excédent commercial était de 11 milliards de dollars. Si vous aviez demandé à n'importe qui ses prévisions pour cette année, on vous aurait répondu entre 12 et 15 milliards. Mais nous allons atteindre 27 milliards de dollars ».
Selon sa perspective, la Banque centrale de la République argentine (BCRA) « fait comme l'épicier » qui saisit une bonne occasion : « Elle fait tout pour ne pas avoir besoin l'année prochaine ni de Wall Street ni de Trump. Elle ne sait pas si elle en aura besoin, mais elle le fait au cas où ils viendraient avec des choses bizarres. C'est ça la définition. Il faut la voir non pas dans les déclarations, mais dans les décisions ».
Exportations records et réserves
De Pablo estime que les exportations argentines pourraient dépasser les 100 milliards USD et a analysé l'impact d'une éventuelle reprise économique : « Si, grâce à la relance, les importations augmentent, il restera quand même un excédent commercial phénoménal, plus un certain endettement des entreprises privées pour leurs propres décisions. Cela donne une offre de dollars vraiment phénoménale ».
Le vice-ministre de l'Économie, José Luis Daza, a quant à lui projeté que la BCRA intégrerait 10 milliards USD supplémentaires à ses réserves avant les élections présidentielles de 2027. Selon son évaluation, le pays abordera cette échéance électorale avec une situation financière et économique plus favorable.
Projections économiques clés pour l'Argentine
- 📈 Excédent commercial 2026 : environ 27 milliards USD (contre 11 milliards en 2025)
- 🚢 Exportations projetées : plus de 100 milliards USD
- 🏦 Réserves supplémentaires prévues : 10 milliards USD avant les élections de 2027
Un contexte électoral déterminant
Lors de l'événement Experiencia IDEA Rosario, José Luis Daza a estimé que le gouvernement arriverait aux élections avec un niveau plus élevé de réserves internationales, une inflation en baisse, un excédent fiscal soutenu et une reprise de l'activité économique. Cette stratégie vise à rassurer les marchés et la population argentine, qui a connu une inflation chronique et des crises monétaires récurrentes au cours des dernières décennies.
La clé : offre et demande
Pour Juan Carlos de Pablo, l'essentiel réside dans la dynamique de l'offre et de la demande, ainsi que dans la rapidité avec laquelle le gouvernement saisit les opportunités : « Je comprends que certains disent que le dollar devrait être à un autre niveau, mais c'est une question d'arithmétique. Ici, il y a une nouveauté dans l'offre et la demande que le gouvernement exploite pleinement ».
Il faut rappeler que De Pablo entretient une relation étroite avec Javier Milei, qu'il a visité à plusieurs reprises à la Quinta de Olivos, la résidence présidentielle, où ils ont même partagé des soirées à écouter de l'opéra. Cette proximité donne un poids particulier à ses déclarations dans le débat économique argentin.
Source : Infobae (14 août 2026)